INTRODUCTION
✒️DEFINITION DE LA GUERRE ET DE LA PAIX
La guerre est un conflit armé organisé et prolongé entre groupes politiques (États, coalitions ou acteurs non étatiques) visant à imposer sa volonté à l’adversaire par la violence physique et psychologique. Selon Carl von Clausewitz, elle constitue la continuation de la politique par d’autres moyens. Les sciences politiques et les relations internationales la distinguent du simple affrontement ou de la violence criminelle par son caractère collectif, son organisation et son objectif politique. Elle peut prendre des formes interétatiques classiques, asymétriques (guérilla, terrorisme) ou hybrides (combinaison de moyens conventionnels, irréguliers et informationnels). La paix n’est pas seulement l’absence de guerre (« paix négative »), mais la construction d’un ordre stable, légitime et durable (« paix positive ») reposant sur des traités, des institutions, la justice et la coopération internationale.
🔎10 DÉFINITIONS A CONNAITRE POUR CE THÈME
Guerre selon Clausewitz : continuation de la politique par d’autres moyens ; acte de violence destiné à contraindre l’adversaire
@Wikimedia Commons
Guerre irrégulière : conflit asymétrique opposant forces conventionnelles à acteurs non étatiques (guérilla, terrorisme).
@Wikimedia Commons
Djihadisme : idéologie islamiste radicale prônant la guerre sainte contre les « ennemis de l’islam » (proche ou lointain).
@Hamid Mir Wikimedia Commons
War on Terror : campagne globale lancée par les États-Unis après le 11 septembre 2001 contre le terrorisme islamiste international
@ Spc Richard Jones Wikimedia Commons
Traités de Westphalie (1648) : paix fondant le système westphalien (souveraineté des États, non-ingérence, équilibre européen).
@Wikimedia Commons
Sécurité collective : principe selon lequel une agression contre un membre est considérée comme une agression contre tous (SDN puis ONU).
@Wikimedia Commons
Conflit israélo-palestinien : affrontement territorial, national et identitaire entre Israël et les Palestiniens depuis 1948
@Vince Musi/The White House. Wikipedia Commons
Nouvel ordre mondial : concept de George H. W. Bush désignant un système international coopératif fondé sur le droit après la guerre froide
@David Valdez. Wikipedia Commons
Guérilla : stratégie de combat asymétrique par embuscades, sabotage et harcèlement, typique des guerres irrégulières
@Wikimedia Commons
Paix positive : construction d’un ordre juste et durable au-delà de la simple cessation des hostilités
@Godescalc Wikimedia Commons
🪶CITATIONS A CONNAITRE POUR UNE BONNE COPIE
@Wikimedia Commons
@Eric Draper. Wikimedia Commons
@Eric Draper. Wikimedia Commons
« La paix n’est pas l’absence de conflit, c’est la capacité de gérer le conflit par des moyens pacifiques. »
– Ronald Reagan (attribué)
AXE 1. LA DIMENSION POLITIQUE DE LA GUERRE: DES CONFLITS INTERÉTATIQUES AUX ENJEUX TRANSNATIONAUX
🔎LE CANVA DE PRÉSENTATION 📋
I. La guerre, « continuation de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz) : de la guerre de 7 ans aux guerres napoléoniennes
Problématique: Comment la guerre est-elle non seulement un moment de violences mais aussi la finalisation d'objectifs politiques?
A. La guerre selon Clausewitz
Carl von Clausewitz, officier prussien ayant combattu durant les guerres napoléoniennes, livre dans son ouvrage majeur De la guerre (publié en 1832 après sa mort) une théorie qui reste aujourd’hui une référence incontournable en stratégie et en relations internationales. Pour lui, la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens. Elle n’est pas un phénomène autonome ou irrationnel, mais un instrument au service d’objectifs politiques définis par le gouvernement.
Clausewitz distingue trois composantes interdépendantes : la violence brute et la haine (élément populaire), le hasard et la créativité du commandant (élément militaire), et la rationalité politique du gouvernement (élément politique).
La guerre, un acte de violence
@La chanson de Roland. BNF
La guerre est décrite comme un duel à grande échelle où chaque camp cherche à imposer sa volonté à l’autre par la force, jusqu’au désarmement ou à la capitulation de l’adversaire. Il introduit le concept de « friction » : l’ensemble des imprévus, de la fatigue, des erreurs et des obstacles qui rendent la guerre réelle très différente de la guerre sur papier. Il développe également l’idée de « centre de gravité », point vulnérable dont la destruction peut entraîner l’effondrement de l’ennemi.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Clausewitz distingue la guerre absolue (totale, sans limite) de la guerre réelle, toujours limitée par des facteurs politiques, moraux, économiques et sociaux. Cette vision, forgée dans le contexte des guerres napoléoniennes qu’il a vécues, insiste sur l’unité indissociable du politique et du militaire. Une stratégie sans objectif politique clair est vouée à l’échec.
🔎 POUR S'EN RAPPELER 📝
B. La guerre de Sept Ans, 1756-1763
La guerre de Sept Ans (1756-1763) est souvent considérée comme la première guerre mondiale de l’histoire moderne en raison de son caractère global et de l’implication de puissances européennes sur plusieurs continents. Elle oppose deux grandes coalitions : d’un côté la Grande-Bretagne et la Prusse, de l’autre la France, l’Autriche, la Russie, l’Espagne et plusieurs États allemands. Les causes sont à la fois européennes et coloniales. En Europe, l’Autriche veut reconquérir la Silésie perdue lors de la guerre de Succession d’Autriche ; en Amérique du Nord et aux Indes, la France et la Grande-Bretagne s’affrontent pour le contrôle des colonies et des routes commerciales. Frédéric II de Prusse attaque la Saxe en 1756, ouvrant le conflit en Europe.
FOCUS EXEMPLES 🌸
@Wikimedia Commons
Le marquis de Montcalm, commandant français, après la victoire de Fort Carillon en Nouvelle-France, 1758
@Wikimedia Commons
Le roi de Prusse Frédéric II à la bataille de Zorndorff, en Europe, 1758
@Wikimedia Commons
Sur le théâtre européen, la Prusse survit miraculeusement grâce au « miracle de la maison de Brandebourg » (mort de la tsarine Élisabeth en 1762). Sur les théâtres coloniaux, les Britanniques remportent des victoires décisives : la France perd le Canada (Nouvelle-France) et la plupart de ses possessions aux Indes par le traité de Paris de 1763. Le bilan humain est très lourd (plusieurs centaines de milliers de morts), le prestige et la puissance françaises sont entamées, contribuant aux causes lointaines de la Révolution française.
🔎 POUR VISUALISER
Carte des protagonistes de la guerre de sept ans, regroupés en alliance
@Gabagool. Wikipedia
Cette guerre illustre parfaitement la thèse clausewitzienne : les opérations militaires servent des objectifs politiques clairs (équilibre des puissances en Europe, expansion coloniale, revanche territoriale). Elle redessine durablement la carte du monde, renforce la suprématie maritime britannique et affirme la Prusse comme grande puissance européenne, préparant les bouleversements du XIXe siècle.
C. Les guerres napoléoniennes, 1803-1815
Les guerres napoléoniennes (1803-1815) portent la conception clausewitzienne de la guerre à son paroxysme tout en en révélant les limites. Napoléon Bonaparte, après le Consulat, transforme la France en Empire et affronte des coalitions européennes successives. Les premières campagnes sont marquées par des victoires éclatantes reposant sur la mobilisation nationale (« nation en armes »), la rapidité des manœuvres et le génie tactique : Austerlitz (1805), Iéna-Auerstedt (1806). Napoléon impose un « Grand Empire » contrôlant directement ou indirectement une grande partie de l’Europe, exportant le Code civil, les idées révolutionnaires et un nouveau modèle administratif.
Antoine-Jean Gros, Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau
@Wikimedia Commons
Cependant, l’invasion de la Russie en 1812 constitue un tournant majeur : la Grande Armée ne peut contraindre les Russes à la reddition et doit battre en retraite. L'Europe se retourne alors contre la France. Les défaites de Leipzig (1813, « bataille des Nations ») et surtout de Waterloo (1815) scellent la chute de l’Empire. Le bilan est colossal : plusieurs millions de morts en Europe, redéfinition complète des frontières au Congrès de Vienne (1815), essor des nationalismes et fin de l’hégémonie française.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Clausewitz, qui a combattu dans les rangs prussiens, y voit l’incarnation de la guerre totale : politique (export de la Révolution), militaire (levée en masse) et populaire (guérilla). Ces guerres montrent cependant les limites de la guerre quand elle dépasse les objectifs politiques raisonnables et provoque une coalition générale contre l’agresseur. Elles marquent la transition vers des conflits de plus en plus idéologiques et nationaux.
🔎 POUR VISUALISER
L'apogée: la France impériale en 1811
@Fondation Napoléon
🧧A RETENIR DANS CETTE PARTIE POUR LE BAC !!!
Idée principale « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. »
Trinité de la guerre: Peuple (violence, haine) / Armée (hasard, génie du commandant) / Gouvernement (rationalité politique)
Concepts clés
Friction : imprévus, fatigue, erreurs qui compliquent tout.
Centre de gravité : point faible dont la chute désorganise l’ennemi.
Guerre absolue (théorique) vs Guerre réelle (toujours limitée).
Message essentiel La stratégie militaire doit toujours servir un objectif politique clair.
Coalitions GB + Prusse vs France + Autriche + Russie + Espagne.
Causes Revanche autrichienne (Silésie) + rivalité coloniale franco-britannique.
Issue Victoire britannique : France perd le Canada et l’Inde. Prusse sauvée par le « miracle de la maison de Brandebourg ».
Conséquences Affaiblissement français → Révolution. Suprématie maritime GB + montée de la Prusse.
Contexte Napoléon affronte 7 coalitions.
Succès initiaux Austerlitz (1805), Iéna (1806) : rapidité + nation en armes.
Apogée Grand Empire + diffusion des idées révolutionnaires.
Tournants Russie 1812 → Leipzig 1813 → Waterloo 1815.
Bilan Millions de morts. Congrès de Vienne. Essor des nationalismes.
Lecture clausewitzienne Exemple parfait de guerre totale, mais aussi de ses limites (coalition quand les objectifs politiques deviennent démesurés).
II. Le modèle de Clausewitz à l’épreuve des « guerres irrégulières » : d’Al Qaïda à Daech
Problématique: Comment la théorisation de la guerre avancée par Clausewitz s'avère en partie inopérante au vu de la montée des acteurs du djihadisme?
A. Al Qaida et le djihadisme international
Al Qaida, fondé par Oussama ben Laden à la fin des années 1980 dans le contexte de la guerre d’Afghanistan contre l’URSS, incarne une forme de guerre irrégulière qui remet profondément en question le modèle clausewitzien classique. Contrairement aux conflits interétatiques traditionnels, Al Qaida mène un djihad global dirigé contre le « lointain ennemi » (États-Unis et Occident) et les régimes musulmans jugés « apostats ».
FOCUS EXEMPLE 🌸
Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone (près de 3 000 morts) constituent l’attaque la plus spectaculaire et symbolique de cette stratégie. Al Qaida privilégie le terrorisme spectaculaire, la propagande médiatique et une structure décentralisée en réseaux d’affiliés (Afrique du Nord, Sahel, Asie du Sud-Est, péninsule Arabique). L’objectif n’est pas de conquérir un territoire ou de vaincre militairement un État, mais de provoquer une sur-réaction occidentale, de mobiliser les masses musulmanes et d’affaiblir l’ordre international westphalien.
Les dégats de l'attentats d'Al Qaida à Nairobi, 1998
@ IDF's spokeperson. Wikimedia Commons
Attentats du 11 septembre 2001. Ici, l'attaque contre le World Trade Center, New-York
@Wikimedia Commons Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0
Taliban afghan fouettant des femmes en 2001 (photo prise clandestinement)
@RAWA Wikimedia Commons Creative Commons Attribution 3.0
Cette guerre mélange dimensions politiques, religieuses et idéologiques, rendant la distinction classique entre guerre et paix très floue. Le modèle de Clausewitz, centré sur l’État et sur des objectifs politiques rationnels, est ici profondément perturbé : l’acteur est non étatique, l’objectif est eschatologique et la violence vise avant tout la terreur psychologique et médiatique. Al Qaida marque l’émergence de guerres transnationales dans un monde globalisé où la religion et l’idéologie jouent un rôle central.
B. La “War on terror” et ses conséquences
La « Guerre contre le terrorisme » lancée par le président George W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 constitue une réponse massive qui met à l’épreuve les limites du modèle clausewitzien dans un contexte de guerre irrégulière. Les États-Unis mobilisent rapidement une large coalition internationale pour détruire Al Qaida et renverser les régimes qui l’abritent. L’opération Enduring Freedom en Afghanistan (octobre 2001) chasse les talibans du pouvoir, mais la guérilla et l’insurrection persistent pendant plus de vingt ans. La doctrine Bush élargit rapidement le champ d’action à l’Irak en 2003, en invoquant des armes de destruction massive (jamais trouvées) et des liens supposés avec le terrorisme.
L'attaque du 11 septembre, l'entrée spectaculaire dans la War on Terror
Le vice-président des Etats-Unis Dick Cheney regardant la couverture médiatique des attentats
@Wikimedia Commons
Les conséquences sont immenses : plusieurs centaines de milliers de morts civils, destruction des infrastructures, instabilité régionale durable, émergence de nouveaux groupes jihadistes dont Daech, coût financier exorbitant (plusieurs milliers de milliards de dollars pour les États-Unis), et atteintes aux libertés publiques (Patriot Act, prison de Guantanamo).
FOCUS EXEMPLE 🌸
Cette « War on Terror » transforme la guerre en une campagne globale, permanente et diffuse, brouillant les frontières entre guerre et paix, entre militaire et civil, entre intérieur et extérieur. Elle démontre que la supériorité technologique et conventionnelle ne suffit pas face à des acteurs non étatiques résilients et adaptables. Le modèle clausewitzien est mis à rude épreuve : les objectifs politiques déclarés peinent à contrôler la violence engendrée et ses effets imprévus à long terme.
C. Daesh et la stratégie territoriale djihadiste
L’organisation Daesh (État islamique en Irak et au Levant), apparue publiquement en 2013-2014, représente une évolution majeure du djihadisme contemporain : le passage d’une stratégie terroriste décentralisée (Al Qaida) à une stratégie territoriale et proto-étatique. En juin 2014, Abu Bakr al-Baghdadi proclame un califat sur des territoires conquis en Irak et en Syrie, contrôlant à son apogée environ 110 000 km² et une population estimée à 10 millions d’habitants.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Daesh combine guérilla conventionnelle, terrorisme spectaculaire (attentats de Paris en novembre 2015, Nice 2016, etc.), administration brutale des territoires (taxation, justice islamique, esclavage) et une propagande moderne via les réseaux sociaux. La coalition internationale (opération Inherent Resolve) reprend progressivement les territoires entre 2017 et 2019 : chute de Mossoul en 2017, de Raqqa, et du dernier réduit de Baghouz en mars 2019. Daesh perd son territoire physique mais conserve une capacité d’insurrection, d’attentats décentralisés et d’affiliation à des groupes locaux en Afrique et en Asie.
Soldats irakiens luttant contre Daesh
@Wikimedia Commons
Objectifs territoriaux de Daesh
@Le Soir
🔎 POUR VISUALISER
Extension de Daesh (en gris) en 2017
@MissParisSlue444 Wikimedia Commons
Cette expérience défie directement Clausewitz : Daech mène une guerre à la fois politique (construction d’un État islamique), militaire (conquête et défense territoriale) et idéologique (rétablissement du califat). La réponse internationale (frappes aériennes, forces kurdes et irakiennes) montre l’efficacité d’une coalition contre un acteur hybride, mais aussi la grande résilience du djihadisme qui mute vers des formes plus diffuses et décentralisées.
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Origine Fondée fin des années 1980 par Oussama ben Laden pendant la guerre d’Afghanistan contre l’URSS.
Stratégie Djihad global contre le « lointain ennemi » (USA/Occident) et les régimes musulmans « apostats ».
Attaque emblématique 11 septembre 2001 (World Trade Center + Pentagone) : ~3 000 morts.
Caractéristiques
Terrorisme spectaculaire + propagande médiatique
Structure décentralisée (réseaux affiliés)
Objectif : provoquer une sur-réaction occidentale et mobiliser les musulmans.
Challenge à Clausewitz Acteur non étatique, objectifs religieux/eschatologiques, guerre sans frontières claires (ni territoire à conquérir, ni victoire militaire classique). Modèle étatique et rationnel perturbé.
Déclenchement Réponse de George W. Bush après le 11 septembre.
Principales opérations
Afghanistan (2001) : chute des Talibans (opération Enduring Freedom)
Irak (2003) : invasion (armes de destruction massive invoquées mais jamais trouvées)
Conséquences majeures
Naissance de Daech
Coût > 2 000 milliards de dollars
Instabilité durable + atteintes aux libertés (Patriot Act, Guantanamo)
Challenge à Clausewitz Guerre globale, permanente et diffuse. Supériorité militaire classique insuffisante face à des acteurs non étatiques résilients. Objectifs politiques mal maîtrisés.
Apparition 2013-2014, évolution d’Al Qaida vers un modèle territorial.
Apogée 2014 : Proclamation du Califat par al-Baghdadi. Contrôle ~110 000 km² et 10 millions d’habitants (Irak + Syrie).
Stratégie hybride
Conquête et administration territoriale (proto-État)
Terreur spectaculaire (Paris 2015, Nice 2016…)
Propagande moderne sur réseaux sociaux
Défaite territoriale 2017-2019 : perte de Mossoul, Raqqa, puis Baghouz. Coalition internationale + forces locales.
Aujourd’hui Perte du territoire mais maintien d’insurrection et d’attentats décentralisés.
Challenge à Clausewitz Guerre à la fois politique (construction d’un État), militaire (conquête) et idéologique (califat). Montre la résilience et la capacité de mutation du djihadisme.
AXE 2. LE DÉFI DE LA CONSTRUCTION DE LA PAIX
🔎LE CANVA DE PRESENTATION📋
I. Faire la paix par les traités : les traités de Westphalie (1648)
Problématique: Dans quelle mesure la paix résulte-t-elle d'un rapport de forces et conduit à une stabilisation du champ politique international?
A. Une Europe divisée
Au début du XVIIe siècle, l’Europe est profondément divisée par des tensions religieuses, dynastiques et territoriales qui culminent avec la guerre de Trente Ans (1618-1648). Le Saint-Empire romain germanique est morcelé en plusieurs centaines d’entités politiques aux statuts variés (principautés, évêchés, villes libres). La Réforme protestante a fracturé l’unité religieuse catholique imposée depuis des siècles. Les Habsbourg d’Autriche et d’Espagne cherchent à restaurer leur hégémonie et l’unité catholique, tandis que la France et la Suède voient dans cet affaiblissement une opportunité d’expansion.
POUR REVISER AVEC LES RESEAUX SOCIAUX: LE COURS EN 1 MINUTE 🗝️
Les populations civiles subissent des destructions massives, des famines et des épidémies, avec une réduction de population estimée entre 20 % et 30 % dans certaines régions, voire davantage pour les plus touchées (Poméranie, Lorraine). Cette division politique et religieuse rend impossible toute paix durable sans une redéfinition radicale de l’ordre européen.
FOCUS EXEMPLE 🌸
🔎 POUR VISUALISER
La carte de la guerre de Trente Ans
En jaune les zones majoritairement catholiques
En rose, les zones majoritairement protestantes
En vert, les territoires des Habsbourg d'Espagne. En orange, les territoires des Habsbourg d'Autriche
@Claude Zygiel Wikimedia Commons
B. Entre guerre de religion et guerre entre États
La guerre de Trente Ans commence comme un conflit essentiellement religieux (Défenestration de Prague en 1618) opposant catholiques et protestants, mais elle évolue rapidement en une guerre de puissance entre États. Les Habsbourg tentent d’imposer leur domination politique et religieuse sur le Saint-Empire. La France, bien que catholique, soutient les princes protestants par Realpolitik afin d’affaiblir son rival Habsbourg (politique de Richelieu puis de Mazarin).
🔎 POUR VISUALISER
La France entourée par les Habsbourg
@Wikimedia Commons
FOCUS EXEMPLE 🌸
La Suède intervient pour des motifs à la fois protestants et expansionnistes en Baltique. Ce mélange de motivations religieuses et étatiques rend le conflit particulièrement long et destructeur. Les traités de Westphalie marquent une transition historique : ils consacrent le passage d’une Europe dominée par les querelles religieuses et l’universalisme impérial ou papal à un système où la souveraineté des États et la raison d’État priment. La religion devient une affaire intérieure, tandis que les relations internationales se sécularisent progressivement.
Le cardinal de Richelieu,tableau de Philippe de Champaigne
@Habsbourg-1700.png: Katepanomegas Wikimedia Commons
POUR REVISER AVEC LES RESEAUX SOCIAUX: LE COURS EN 1 MINUTE 🗝️
C. Les traités de Westphalie et leurs conséquences
Les négociations de Westphalie (à Munster pour les catholiques et Osnabrück pour les protestants) réunissent pour la première fois un grand nombre d’acteurs dans une diplomatie multilatérale inédite, marquant un tournant dans l’histoire des relations internationales. Signés le 24 octobre 1648, les traités de Westphalie mettent fin à la guerre de Trente Ans et à la guerre de Quatre-Vingts Ans aux Pays-Bas.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Ils reconnaissent l’indépendance des Provinces-Unies et de la Suisse, accordent à la France des gains territoriaux importants (Alsace, Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun), et à la Suède des possessions en Poméranie et en Baltique. Le Saint-Empire est considérablement affaibli, avec une plus grande autonomie accordée à ses principautés.
Bartholomeus van der Helst.- Banquet de la garde civile d'Amsterdam fêtant la paix de Münster (1648)
@Wikimedia Commons
📝 POUR S'EN RAPPELER 🔎
Les traités consacrent le principe de souveraineté des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures, fondant le système westphalien qui structure les relations internationales jusqu’au XXe siècle. Ils instaurent un équilibre européen destiné à prévenir l’hégémonie d’une seule puissance. Les conséquences à long terme sont majeures : affaiblissement durable des Habsbourg, montée en puissance de la France sous Louis XIV, sécularisation de la politique européenne et modèle pour les futurs traités de paix (Vienne 1815, Versailles 1919). Cependant, les tensions persistent et préparent les conflits du XVIIIe siècle.
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Situation Europe divisée par tensions religieuses (Réforme protestante), dynastiques et territoriales.
Saint-Empire Morcelé en centaines d’entités (principautés, évêchés, villes libres).
Acteurs principaux
Habsbourg (Autriche/Espagne) : vouloir restaurer l’unité catholique et leur hégémonie.
France et Suède : chercher à affaiblir les Habsbourg.
Déclenchement Défenestration de Prague (1618) – début comme conflit religieux (catholiques vs protestants).
Évolution Devient rapidement une guerre de puissance entre États (Realpolitik).
Rôle de la France Soutien aux protestants (Richelieu/Mazarin) pour affaiblir les Habsbourg, malgré sa religion catholique.
Bilan humain Destruction massive, famines, épidémies → perte de 20 à 30 % de la population dans certaines régions.
Caractéristique Mélange de motivations religieuses et étatiques → conflit particulièrement long et destructeur.
Date 24 octobre 1648 (signés à Münster et Osnabrück).
Décisions principales
Indépendance des Provinces-Unies et de la Suisse.
Gains territoriaux pour la France (Alsace, Trois-Évêchés).
Gains pour la Suède en Poméranie et Baltique.
Affaiblissement du Saint-Empire + plus grande autonomie des principautés.
Principes fondateurs
Souveraineté des États.
Non-ingérence dans les affaires intérieures.
Sécularisation des relations internationales (religion = affaire intérieure).
Héritage Naissance du système westphalien : équilibre européen, raison d’État, diplomatie multilatérale. Modèle pour les traités futurs (Vienne 1815, Versailles 1919).
Conséquences à long terme Affaiblissement des Habsbourg, montée de la France (Louis XIV), sécularisation de la politique européenne.
II. Faire la paix par la sécurité collective : les actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006)
Problématique: L'ONU est elle devenue depuis les années 1990 une organisation internationale en mesure de modérer voire arrêter les conflits en cours?
A. Les entraves à l’action internationale depuis 1919 jusqu’à 1991
Depuis la création de la Société des Nations en 1919, la mise en œuvre de la sécurité collective rencontre de nombreuses entraves. La SDN échoue face à l’agression japonaise en Mandchourie (1931), l’invasion italienne en Éthiopie (1935) et l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne (1938). Après 1945, l’ONU est rapidement paralysée par la Guerre froide : le veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité bloque la plupart des initiatives significatives. Les conflits majeurs (guerre de Corée, Vietnam, Afghanistan soviétique) sont traités en dehors du cadre onusien ou via des coalitions ad hoc. Les opérations de maintien de la paix restent limitées et souvent inefficaces.
Les génocides du Rwanda (1994) et de Srebrenica (1995) révèlent dramatiquement les limites de l’organisation : manque de volonté politique des États membres, insuffisance de moyens militaires, et primauté absolue accordée à la souveraineté des États sur la protection des populations civiles. Ces échecs cumulés montrent que la sécurité collective reste un idéal difficile à réaliser lorsque les intérêts nationaux divergent.
B. Lancer une nouvelle impulsion à l’ONU à compter de la fin de la guerre froide
Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006, tente de redynamiser l’organisation dans le contexte de la fin de la Guerre froide et d’un monde unipolaire puis multipolaire. Il promeut le concept de « responsabilité de protéger » (R2P), adopté en 2005, qui affirme que la souveraineté des États inclut la responsabilité de protéger leurs populations.
Kofi Annan,
@US Mission in Geneva. Wikimedia Commons
Il soutient les interventions humanitaires, comme au Kosovo en 1999 (bien que sans mandat explicite du Conseil de sécurité). Annan renforce les opérations de maintien de la paix, impulse des réformes administratives et met l’accent sur les droits de l’homme, le développement et la lutte contre le sida. Il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 2001 conjointement avec l’ONU. La fin de la bipolarité offre une fenêtre d’opportunité avec une coopération accrue au Conseil de sécurité.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Cependant, les attentats du 11 septembre 2001 et surtout l’invasion de l’Irak en 2003 (menée sans mandat ONU) fragilisent cette dynamique et soulignent les limites persistantes de l’organisation face à l’unilatéralisme des grandes puissances.
🔎 POUR VISUALISER
Les déploiements actuels de l'ONU
@United Nations
C. Les limites de l’action internationale
Malgré les efforts de réforme de Kofi Annan, les limites de l’action internationale restent nombreuses et structurelles. Le veto des membres permanents continue de bloquer des interventions nécessaires (comme plus tard en Syrie). Les opérations de maintien de la paix manquent souvent de moyens militaires, de financement et de mandats clairs, les rendant vulnérables sur le terrain.
FOCUS EXEMPLE 🌸
La tension entre le principe de souveraineté des États et le devoir d’ingérence humanitaire reste vive. L’invasion de l’Irak en 2003, jugée illégale par Kofi Annan lui-même, illustre le retour de l’unilatéralisme américain. Les conflits complexes (guerres civiles, terrorisme, génocides) dépassent souvent les capacités de l’ONU. Le bilan du mandat d’Annan est donc mitigé : une impulsion réelle a été donnée, mais elle s’est révélée insuffisante pour transformer radicalement la sécurité collective dans un monde marqué par la montée des puissances émergentes, des menaces transnationales et des divergences croissantes entre grandes puissances.
📝 POUR S'EN RAPPELER 🔎
🧧A RETENIR DANS CETTE PARTIE POUR LE BAC !!!
Société des Nations (1919) Échoue face à :
Mandchourie (Japon 1931)
Éthiopie (Italie 1935)
Annexion de l’Autriche (Allemagne 1938)
ONU après 1945 Paralysée par la Guerre froide et le droit de veto des 5 membres permanents. Conflits majeurs (Corée, Vietnam, Afghanistan) traités hors cadre onusien.
Limites dramatiques
Génocide du Rwanda (1994)
Srebrenica (1995) Manque de volonté politique, de moyens et primauté de la souveraineté des États.
Actions principales
Promotion de la Responsabilité de Protéger (R2P) adoptée en 2005.
Soutien aux interventions humanitaires (Kosovo 1999).
Renforcement des opérations de maintien de la paix.
Réformes administratives + focus droits de l’homme et développement.
Reconnaissance Prix Nobel de la Paix 2001 (conjoint avec l’ONU).
Contexte favorable Fin de la Guerre froide → coopération accrue au Conseil de sécurité.
Échecs majeurs
Invasion de l’Irak (2003) sans mandat ONU (jugée illégale par Annan).
Veto des membres permanents (ex. : Syrie).
Retour de l’unilatéralisme américain.
Problèmes structurels
Manque de moyens militaires et financiers pour les casques bleus.
Tension entre souveraineté des États et devoir d’ingérence.
Incapacité face aux guerres civiles, terrorisme et menaces transnationales.
Bilan global Impulsion réelle sous Annan, mais réformes insuffisantes dans un monde multipolaire avec puissances émergentes et divergences croissantes.
POUR S'ENTRAINER: A VOUS DE JOUER 🙋
Un sujet vous est donné "Faire la paix depuis le XVIIe siècle": Réalisez un plan détaillé et l'introduction du sujet
Axe conclusif. Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques)
I. Du conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien : les tentatives de résolution, de la création de l’État d’Israël à nos jours
Problématique: Comment le conflit entre Israël et ses États voisins s'est-elle transformée en affrontement entre Israël et des groupes irréguliers au sein d'Israël et à l'étranger ?
A. Des origines à la guerre d’indépendance de 1948-1949
Les origines du conflit remontent à la fin du XIXe siècle avec l’émergence du sionisme face à l’antisémitisme européen et au nationalisme arabe naissant dans une Palestine sous domination ottomane puis britannique. La Déclaration Balfour de 1917 promet un « foyer national juif » en Palestine, tandis que les promesses britanniques aux Arabes créent des contradictions. Après la Shoah et l’impossibilité de trouver une solution négociée, l’ONU adopte le plan de partage du 29 novembre 1947 (résolution 181) prévoyant deux États et un statut international pour Jérusalem. Israël proclame son indépendance le 14 mai 1948.
🔎Quelques acteurs essentiels dans l'émergence d'Israël
Lord Balfour, l'auteur de la Déclaration de 1917 @Wikimedia Commons
Theodore Herzl, père fondateur du sionisme, auteur de Der Judenstaat, 1897
@Wikimedia Commons
David Ben Gourion, premier chef de gouvernement israélien @Wikimedia Commons
Immédiatement, plusieurs États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Irak) lancent une attaque coordonnée. La guerre de 1948-1949, appelée guerre d’Indépendance par Israël et Nakba (« catastrophe ») par les Palestiniens, se solde par la victoire israélienne. Israël contrôle finalement plus de territoire que prévu par le plan de partage, la Jordanie annexe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, l’Égypte administre Gaza. Plus de 700 000 Palestiniens deviennent réfugiés. Cette première guerre pose les bases durables du conflit : questions des frontières, des réfugiés, du statut de Jérusalem et de la reconnaissance mutuelle.
B. Un conflit israélo-arabe affirmé, 1948-1979
Entre 1948 et 1979, le conflit reste principalement interétatique. Israël affronte avec succès des coalitions arabes lors de la guerre de Suez (1956), de la guerre des Six Jours (juin 1967) – au cours de laquelle Israël occupe la Cisjordanie, Gaza, le Sinaï et le Golan – et de la guerre du Kippour (octobre 1973). Les États arabes visent initialement la destruction d’Israël ou la reconquête des territoires perdus. Israël développe une doctrine de défense offensive et bénéficie d’un soutien américain croissant après 1967.
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@David Rubinger. Wikimeda Commons
Yasser Arafat, dirigeant de l'OLP
@Wikimedia Commons
Les tentatives de paix (plan Rogers, etc.) échouent. Les accords de Camp David (1978), négociés sous l’égide du président américain Jimmy Carter, aboutissent au traité de paix israélo-égyptien de 1979 : l’Égypte reconnaît Israël en échange du retrait complet du Sinaï. Cette paix séparée constitue une première rupture majeure dans le front arabe et marque le début d’une « palestinisation » progressive du conflit, avec l’OLP comme acteur central.
C. La question israélo-palestinienne
À partir des années 1980, le conflit devient principalement israélo-palestinien. La première Intifada (1987-1993) popularise la cause palestinienne. Les accords d’Oslo (1993) créent l’Autorité palestinienne et prévoient un processus en plusieurs étapes vers un État palestinien. Cependant, l’assassinat d’Yitzhak Rabin (1995), l’échec du sommet de Camp David II (2000) et le déclenchement de la seconde Intifada (2000-2005) bloquent le processus.
Accords d'Oslo avec de gauche à droite, Ytzhak Rabin, Bill Clinton (président des Etats-Unis) et Yasser Arafat
@Vince Musi/The White House. Wikipedia Commons
FOCUS EXEMPLE 🌸
Israël évacue Gaza en 2005, mais le Hamas prend le contrôle du territoire en 2007, entraînant des guerres récurrentes (2008-2009, 2012, 2014, 2021). La poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie, la question des réfugiés, le statut de Jérusalem-Est et les divisions palestiniennes (Fatah/Hamas) rendent la solution à deux États de plus en plus difficile. Les initiatives internationales (plan Trump 2020, accords d’Abraham normalisant les relations d’Israël avec plusieurs pays arabes) marginalisent parfois la question palestinienne. Le conflit illustre les difficultés de construire la paix lorsque des acteurs non étatiques, des enjeux identitaires et des questions de sécurité s’ajoutent aux enjeux territoriaux classiques.
II. Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique
Problématique: Comment la suprématie militaire américaine ne parvient-elle pas à une résolution du conflit au Moyen-Orient?
A. La première guerre du Golfe, 1991. Le “nouvel ordre mondial”
L’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein le 2 août 1990 déclenche la première guerre du Golfe. Les motivations irakiennes incluent l’annulation d’une dette de la guerre Iran-Irak, le contrôle des réserves pétrolières et l’accès au golfe Persique. George H. W. Bush constitue une large coalition internationale de 35 États, légitimée par des résolutions de l’ONU. L’opération Desert Storm (janvier-février 1991) combine une campagne aérienne massive et une offensive terrestre rapide qui libère le Koweït en seulement 42 jours, démontrant la supériorité technologique américaine. Bush évoque alors la naissance d’un « nouvel ordre mondial » fondé sur le droit international, la coopération et le multilatéralisme post-guerre froide.
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L’Irak est sévèrement affaibli par des sanctions économiques, mais Saddam Hussein reste au pouvoir car la coalition ne pousse pas jusqu’à Bagdad. Cette guerre semble valider le principe de sécurité collective et l’efficacité de l’ONU dans un monde unipolaire. Cependant, elle laisse en place un régime dictatorial et une instabilité régionale qui resurgira une décennie plus tard.
B. La guerre en Irak, 2003-2008. De l’invasion victorieuse à la guérilla
La seconde guerre d’Irak (2003) marque le passage brutal d’une guerre interétatique classique à un conflit asymétrique prolongé. Justifiée officiellement par l’existence présumée d’armes de destruction massive (jamais trouvées) et par des liens supposés avec Al Qaida, l’invasion menée par les États-Unis et le Royaume-Uni commence en mars 2003. Bagdad tombe le 9 avril 2003 après une campagne rapide.
Renversement par les forces américaines d'une statue de Saddam Hussein à Bagdad, 2003
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Cependant, l’occupation provoque rapidement une insurrection sunnite, des attentats massifs et une guerre civile interconfessionnelle (chiites contre sunnites) à partir de 2006. Le bilan est dramatique : plusieurs centaines de milliers de morts civils, destruction des infrastructures, dissolution de l’armée irakienne favorisant le chaos, coût financier exorbitant pour les États-Unis et perte de légitimité internationale (opposition forte de la France et de l’Allemagne). Cette guerre illustre l’échec de la transformation d’une victoire militaire conventionnelle en une paix stable : absence de plan post-conflit réaliste, sous-estimation des dynamiques locales et rejet de l’unilatéralisme par une grande partie de la communauté internationale. Elle ouvre la voie à l’émergence de Daech et à une instabilité durable au Moyen-Orient.
🧧A RETENIR DANS CETTE PARTIE POUR LE BAC !!!
Racines Fin XIXe siècle : sionisme face à l’antisémitisme européen + nationalisme arabe en Palestine (ottomane puis britannique).
Événements clés
Déclaration Balfour (1917)
Plan de partage ONU (1947)
Création d’Israël (14 mai 1948)
Guerre de 1948-49 Victoire israélienne (guerre d’Indépendance / Nakba). ~700 000 réfugiés palestiniens. Jordanie annexe Cisjordanie, Égypte contrôle Gaza.
Principales guerres
Suez (1956)
Six Jours (1967) → Israël occupe Cisjordanie, Gaza, Sinaï, Golan
Kippour (1973)
Paix historique Accords de Camp David (1978) → Traité de paix israélo-égyptien (1979). Première rupture du front arabe.
Évolution Passage progressif d’un conflit interétatique à un conflit israélo-palestinien centré sur l’OLP.
Événements majeurs
1re Intifada (1987-1993)
Accords d’Oslo (1993) → Autorité palestinienne
Assassinat de Rabin (1995)
2e Intifada (2000-2005)
Développements récents
Retrait israélien de Gaza (2005)
Prise de Gaza par le Hamas (2007) → guerres répétées (2008, 2012, 2014, 2021)
Colonisation en Cisjordanie + divisions palestiniennes (Fatah/Hamas)
Enjeux bloquants Frontières, réfugiés, Jérusalem-Est, sécurité.
Déclenchement Invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein (2 août 1990).
Réponse Large coalition (35 pays) sous mandat ONU, dirigée par G. H. W. Bush.
Issue Opération Desert Storm : victoire rapide en 42 jours. Libération du Koweït.
Conséquences « Nouvel ordre mondial » annoncé, mais Saddam reste au pouvoir → instabilité future.
Justification Armes de destruction massive (jamais trouvées) + liens supposés avec Al Qaida.
Déroulement Invasion US/UK (mars 2003) → chute de Bagdad en avril.
Conséquences
Insurrection + guerre civile (chiites/sunnites)
Plusieurs centaines de milliers de morts civils
Émergence de Daech
Coût énorme + perte de légitimité internationale
Leçon Victoire militaire conventionnelle facile, mais échec total de la stabilisation post-conflit.
⌛ CHRONOLOGIE DES FAITS ÉVOQUÉS
1618-1648 : Guerre de Trente Ans.
1648 (24 octobre) : Traités de Westphalie.
1756-1763 : Guerre de Sept Ans.
1803-1815 : Guerres napoléoniennes.
1919 : Création de la SDN.
1947 : Plan de partage de la Palestine (ONU).
1948 : Création de l’État d’Israël et première guerre israélo-arabe.
1967 : Guerre des Six Jours.
1973 : Guerre du Kippour.
1979 : Traité de paix Israël-Égypte.
1987-1993 : Première Intifada et accords d’Oslo.
1990-1991 : Première guerre du Golfe.
1997-2006 : Mandats de Kofi Annan à l’ONU.
2001 : Attentats du 11 septembre et début de la War on Terror.
2003 : Invasion de l’Irak (seconde guerre du Golfe).
2014-2019 : Défaite territoriale de Daech.
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