Une chanson populaire du XVIIIe siècle, en hommage à Henri IV. Le premier couplet date de 1600
🔎LES NOTIONS CLÉS A RETENIR POUR LE CHAPITRE
Droit divin: Principe selon lequel le pouvoir du roi vient de Dieu. Le souverain n’est responsable que devant Dieu, ce qui renforce son autorité face aux nobles.
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Huguenots: Nom donné aux protestants français aux XVIe et XVIIe siècles. Ils s’opposent aux catholiques durant les guerres de Religion.
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Absolutisme: Système politique de la "monarchie absolue". En théorie, un roi gouvernant seul au nom de Dieu, mais dans les faits, son pouvoir est limité par les lois et privilèges.
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Raison d'Etat: Principe selon lequel le pouvoir peut prendre des décisions exceptionnelles pour protéger l’État. Sur le plan diplomatique, elle justifie des décisions contraires à la défense de la foi catholique.
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Privilèges: Avantages accordés à certains groupes (noblesse, clergé), comme l’exemption d’impôts, des emplois réservés et leurs propres cours de justice.
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Pré carré: Politique menée sous Louis XIV pour sécuriser les frontières du royaume. Elle consiste à fortifier et organiser un territoire cohérent, notamment grâce aux forteresses du maréchal Vauban.
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États Généraux: Assemblée réunissant les trois ordres (clergé, noblesse, tiers état). Le roi les convoque exceptionnellement pour obtenir des conseils ou des impôts.
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Pléiade: Groupe de poètes français du XVIe siècle qui veulent enrichir la langue française (Du Bellay, Ronsard.. Ils s’inspirent des modèles antiques.
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🏛️LES PERSONNAGES LES PLUS IMPORTANTS
François Ier (1494-1547): Roi de France de 1515 à 1547, il favorise la Renaissance en protégeant les artistes et les savants. Il mène aussi des guerres contre Charles Quint.
Armand du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642): Principal ministre de Louis XIII, il renforce l’autorité royale et combat les opposants (nobles et protestants). Il engage la France dans la guerre de Trente Ans.
Bossuet (1627-1704): Évêque et écrivain, il théorise la monarchie de droit divin. Il défend l’autorité absolue du roi dans ses écrits.
Joachim Du Bellay (1522-1560: Poète, auteur, fondateur de la Pléiade. Sa Défense et illustration de la langue française est essentielle pour l'affirmation culturelle française.
I. La France mère des Arts, des Armes et des Lois, 1453-1559
🪶CITATION A RETENIR:
Joachim Du Bellay, "France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois", Les Regrets, 1558.
Blaise de Montluc (seigneur au service du roi de France), "Mon épée au Roi, mon âme à Dieu, mon honneur pour moi".
A. Le royaume sorti de la Guerre de cent ans
Après la guerre de Cent Ans, commencée en 1337 face à l'Angleterre, le royaume de France sort profondément affaibli mais en large partie unifié. Jeanne d'Arc a joué un rôle décisif. A 17 ans, affirmant entendre l’appel de l’archange Saint-Michel pour délivrer la France, elle permet la levée du siège d’Orléans en 1429 et conduit au sacre de Charles VII à Reims la même année, renforçant la légitimité du roi. Arrêtée et brûlée par les Anglais en 1431, c’est malgré tout son action qui change le cours de la guerre. Par la suite, avec les victoires de Formigny et Castillon, la guerre est gagnée en 1453.
Jeanne d'Arc en armure
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Les Anglais chassés (hormis à Calais), la monarchie se consolide sous Louis XI (1461-1483), qui renforce l’autorité royale face aux grands seigneurs. Il combat notamment les puissants vassaux comme le duc de Bourgogne Charles le Téméraire (vaincu en 1477), renforce son influence en Bretagne et rattache la Provence au royaume.
🔮 POUR VISUALISER 🔎
La France en 1477, sous Louis XI, après la défaite de Charles le Téméraire.
En rouge, la frontière du royaume. Les diverses couleurs représentent les territoires des grands seigneurs français. Les domaines de Bourgogne sont jusqu'à Charles le Téméraire divisés entre France et Saint-Empire
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Cette politique permet d’affirmer un État plus centralisé, où le roi impose progressivement son autorité sur l’ensemble du territoire. Grâce à la guerre, existe désormais une armée et un impôt permanent. Le royaume est la première puissance démographique, possède les meilleures artillerie et chevalerie... et se prépare à s’étendre.
Les trois rois de France depuis la guerre de Cent-Ans
Charles VII, 1403-1461
Roi de 1422 à 1461
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Louis XI, 1423-1483
Roi de 1461 à 1483
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Charles VIII, 1470-1498
Roi de 1483 à 1498
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B. Les arts et lettres
À partir de la fin du XVe siècle, la France s’ouvre à la Renaissance sous l’influence des guerres d’Italie (1494-1559), qui permettent la découverte de l’art et de la culture italienne. Le roi Charles VIII tente de s’emparer du royaume de Naples, un Etat riche, et sur lequel il a des droits au trône. De même, ses successeurs (Louis XII, François Ier, Henri II) s’intéressent aussi à Naples et au nord de l’Italie. Certes, Charles VIII échoue mais un courant humaniste français émerge grâce à ce contact avec l’Italie.
François Ier, le "roi chevalier", (1494-1547)
Roi de 1515 à 1547
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Les rois français, notamment François Ier, attirent les artistes à leur cour et encouragent la construction de châteaux inspirés de l’Italie (Chambord, Fontainebleau) en Ile de France et sur la Loire, où le roi réside. Cette renaissance française se traduit aussi dans la littérature avec le mouvement de la Pléiade, un groupe de poètes mené par Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay.
Le chateau de Chambord, construit pour le roi François Ier
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Pierre de Ronsard
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Marguerite de Navarre, soeur de François Ier et humaniste
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Le massacre des innocents, Un tableau du peintre Nicolas Poussin, un des artistes les plus connus de la Renaissance française
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Dans sa Défense et illustration de la langue française (1549), Du Bellay affirme que le français peut rivaliser avec le latin et le grec, participant à l’affirmation culturelle du royaume. En 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêt impose aux actes administratifs de ne plus être rédigés en latin mais dans la langue courante. Le français est surtout utilisé dans le nord du royaume, divisé en nombreux dialectes, mais il se diffuse dans les villes du sud et renforce son prestige culturel.
C. La France contre les Habsbourg
Depuis les guerres d’Italie, la France s’oppose à la puissance des Habsbourg. François Ier affronte Charles Quint subissant par exemple la défaite de Pavie en 1525 où il est fait prisonnier. Cependant, la France l’emporte à Cérisoles en 1544 et préserve son territoire d'une invasion. Le chevalier Pierre Terrail Bayard est considéré comme le meilleur représentant des valeurs de la chevalerie (honneur, piété, fidélité au roi), d'où le surnom de chevalier "sans peur et sans reproches". Henri II, fils de François, poursuit ces conflits mais ne peut conquérir l’Italie.
Après la bataille de Marignan en 1515, Bayard adoube François Ier. Ici dans une représentation postérieure
@Chateau royal de Blois
Face aux Habsbourg, la France soutient tous leurs rivaux : alliance franco-ottomane et expédition commune contre Nice, soutien aux protestants (alors que le roi est catholique). La France veut faire de l’Angleterre un allié mais lui fait aussi la guerre à plusieurs reprises, en 1544 ou encore en 1558, année décisive car le duc François de Guise s’empare de Calais.
Pour financer l’effort de guerre, les impôts sont accrus mais aussi l'endettement, il n'est pas rare que le roi soit au bord la banqueroute. Beaucoup de soldats sont des mercenaires (notamment Suisses ou Allemands) et il faut les payer.
🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
II. Un royaume déchiré: les guerres de religion, 1559-1598
🪶CITATION A RETENIR:
Henri de Navarre (futur Henri IV), "Si vos cornettes vous manquent, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez au chemin de la victoire et de l’honneur ", le 14 mars 1590 à la bataille d'Ivry, contre la Sainte Ligue.
Henri III, "Ah ! le méchant moine, il m'a tué, qu'on le tue ! ", prononcés alors que Jacques Clément vient de lui porter le coup fatal, 1er août 1589.
A. La guerre éclate entre Protestants et Catholiques, 1562-1572
Le roi Henri II signe le traité de Cateau-Cambresis avec le roi d’Espagne Philippe II, héritier de Charles Quint, pour avoir la paix extérieure et se concentrer sur la question protestante. En effet, inspirés par Calvin, des centaines de milliers de Français ont rompu avec l’Eglise catholique. Soutenus par le royaume de Navarre, ils sont majoritaires dans de nombreuses villes de l’Ouest (La Rochelle) ou du Sud-Ouest (Montauban).
Le temple huguenot à Charenton
Les protestants sont particulièrement présents au sein des élites urbaines et une partie de la noblesse. Or, l’Eglise catholique comme les « huguenots » (nom donné aux protestants) ont du mal à concevoir un royaume multiconfessionnel. La règle du « point de salut en dehors de l’Eglise » reste dominante et des tensions apparaissent vite. D'autant plus qu'au milieu du siècle, les huguenots représentent environ 10% de la population française, voire plus.
Henri II veut réprimer le protestantisme, cependant, il meurt dans un accident de tournoi en 1559. Son fils François II est adolescent, fragile, il meurt dès 1561. Alors que le nouveau roi Charles IX est mineur, c'est sa mère, Catherine de Médicis, ancienne épouse d'Henri, qui devient régente. Cependant, alors que le roi est jeune, les maisons protestantes et catholiques entrent en concurrence pour influencer le roi.
L'agonie du roi Henri II. Ambroise Paré, médecin le plus reconnu de son temps, tente de le sauver, mais la blessure est trop grave
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Ces troubles religieux se superposent en effet à des rivalités politiques entre grandes familles aristocratiques : les Guise, sont les chefs du parti catholique intransigeant, les Bourbons, Coligny ou les Condés sont les champions des protestants, quand d’autres comme les Montmorency, sont catholiques mais plus modérés. En 1560, lors de la conjuration d'Amboise, des nobles protestants essayent de s'emparer du roi pour le soustraire à l'influence des Guise à la cour. Ils échouent, mais les tensions s'accroissent, car chaque seigneur peut à l'époque lever sa propre armée.
L'exécutions des conjurés d'Amboise, un signal envoyé par les Guise aux nobles protestants
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L’événement déclencheur des guerres de Religion est le massacre de Wassy (1562), où les troupes du duc de Guise tuent des protestants réunis pour leur culte. S’ouvre alors une série de huit guerres civiles (1562-1598), qui durent à chaque fois quelques mois voire quelques années avant de se terminer en trêve. Sans paix durable, elles marquées par des violences extrêmes, batailles et des tueries (comme la Michelade de septembre 1567 où des huguenots massacrent des dizaines de moines à Nîmes).
Le massacre de Wassy, 1562
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La Michelade de 1567
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Face à cette situation, la régente Catherine de Médicis tente d’apaiser les tensions par des édits de tolérance (édit de Saint-Germain, 1562). Inspirée par son chancelier Michel de l’Hospital, elle cherche un équilibre politique entre les camps, mais ses tentatives échouent face à la radicalisation religieuse.
La monarchie apparaît affaiblie, incapable d’imposer durablement la paix. Les huguenots sont activement soutenus par les princes protestants germaniques et l’Angleterre. L’armée royale ne peut ramener la paix mais Catherine envisage une réconciliation par un mariage.
B. Le conflit pour la couronne de France, 1572-1594
Ce mariage réunit Henri, roi de Navarre, représentant les protestants et Marguerite de Valois, sœur de Charles IX. Or, a lieu à cette occasion le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Après , des milliers de protestants sont assassinés à Paris puis en province où la nouvelle est transmise (entre 5 000 et 10 000 morts). Cet événement marque une rupture définitive entre les deux camps et radicalise le conflit.
La Saint-Barthélémy, 24 août 1572. Le massacre dépasse toutes les exactions précédentes par son ampleur
@BNF
Charles IX meurt, son frère Henri III (1574-1589) devient roi mais la situation se dégrade encore. Le roi alterne entre tolérance envers les huguenots et persécution, alors que son armée est vaincue à Coutras en 1587 par Henri de Navarre. De plus, la Sainte Ligue apparaît, dirigée par les Guise et soutenue par l’Espagne. Cette ligue refuse toute tolérance envers les protestants et menace de plus en plus le roi, jugé trop modéré. La Ligue a une inquiétude : sans enfant, l’héritier légitime d’Henri III… est Henri de Navarre, l'homme avec les plus proches liens de parenté. Henri appartient à la famille des Bourbons. Or, les Guise refusent catégoriquement qu’un protestant devienne le roi.
En 1588, Paris se soulève (sous l'impulsion de la Sainte Ligue) contre Henri III et soutient le duc Henri de Guise. Cette période est appelée la guerre des Trois Henri (Henri III, Henri de Guise, Henri de Navarre).
Les acteurs de la "guerre des 3 Henri"
Henri de Navarre, chef du parti protestant, cousin de Henri III
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Henri III, roi de France
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Henri, duc de Guise, champion de la Sainte-Ligue
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Elle culmine avec l’assassinat du duc de Guise (1588) par les gardes d’Henri III. Celui-ci, excommunié par le pape, choisit l’alliance avec Henri de Navarre mais en 1589, un moine, Jacques Clément, assassine Henri III. Ce dernier, sur son lit de mort, reconnait Henri de Navarre comme son héritier
Le résumé (sous la forme d'une fiction mais dans l'ensemble parfaitement exact) de la guerre des Trois Henri
Henri de Navarre devient alors Henri IV, mais il doit conquérir son royaume par la force. Il affronte la Ligue catholique jusqu’en 1594, date à laquelle il entre dans Paris après s’être converti au catholicisme, puis il l’emporte sur une armée espagnole à Fontaine-Française et ramène la paix (traité de Vervins, 1598).
L'entrée d'Henri IV à Paris, 1594
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La victoire d'Ivry d'Henri IV sur la Sainte Ligue, 1590
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Henri IV abjure la foi protestante et se convertit au catholicisme. Il peut être sacré roi à Chartres. 1594
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C. Le règne de Henri IV
Le règne de Henri IV marque un retour progressif à la stabilité après des décennies de guerre civile. Sa priorité est de reconstruire l’État et de restaurer l’autorité monarchique. Avec son ministre Sully, il relance l’économie, développe l’agriculture (« labourage et pâturage » sont les piliers de l’économie pour Sully) et assainit les finances du royaume.
En 1598, il promulgue l’édit de Nantes, texte majeur qui accorde aux protestants la liberté de culte dans certaines zones, ainsi que des droits politiques et militaires (places de sûreté comme La Rochelle). Cependant, cet édit fait des protestants un État dans l’État.
Henri IV réussit également à conquérir la Bresse, pose les bases de l’empire au Québec actuel. Cependant, son pouvoir reste fragile face aux oppositions religieuses. Il est assassiné en 1610 par le catholique fanatique Ravaillac. Sa mort ouvre une période d’incertitude, marquée par la régence de Marie de Médicis, pour son fils Louis XIII, encore mineur. Celui-ci ne prend le pouvoir qu'à partir de 1617.
🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
III. Reconstruire l’Etat, Honorer le roi, Servir la France: le royaume de France au XVIIe siècle, 1698-1715
🪶CITATION (BADASS) A RETENIR:
Sillery (chancelier de France),"Les rois ne meurent pas en France, voici le roi, vivant, madame". Il s'adresse à Marie de Médicis qui vient de hurler que le roi était mort, après l'assassinat d'Henri IV. Le chancelier désigne alors Louis XIII, fils d'Henri et à présent roi de France.
Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu, "Faire une loi et ne la pas faire exécuter, c'était autoriser la chose qu'on vouloit défendre ".
Louis XIV, "Aussitôt qu’un roi se relâche sur ce qu’il a commandé, l’autorité périt, et le repos avec elle. ", Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin.
A. Le cardinal Richelieu: serviteur du roi Louis XIII
Principal ministre de Louis XIII à partir de 1624, Armand du Plessis, cardinal de Richelieu mène une politique visant à renforcer l’autorité royale et à affaiblir toutes les forces susceptibles de concurrencer le pouvoir du roi. Il s’attaque d’abord aux Grands du royaume (nobles puissants), en réprimant leurs complots et en limitant leur autonomie (démantèlement de forteresses, surveillance accrue).
Louis XIII, roi de France et de Navarre, 1601-1643
Règne de 1610 à 1643
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Son principal ministre, le cardinal de Richelieu, qui n'est pas un rival du roi contrairement à ce qu'affirment les écrits de Dumas mais le serviteur loyal de Louis XIII.
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Accusé de lèse-majesté, Henri de Montmorency est décapité par ordre du cardinal en 1632. Les Montmorency étaient une des familles encore les plus influentes pourtant, Mais Richelieu ne cède pas.
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Le marquis de Cinq-Mars, favori de Louis XIII devenu un conspirateur contre le roi et le cardinal, est aussi exécuté en 1642
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Le cardinal et sa propre garde de mousquetaires en chemin pour assiéger la citadelle protestant de Montauban, 1627
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Parallèlement, il réduit le pouvoir politique des protestants après le siège de La Rochelle (1627-1628) : l’édit d’Alès (1629) leur maintient la liberté religieuse mais supprime leurs places fortes, mettant fin à leur autonomie militaire.
Richelieu au siège de La Rochelle. Cette représentation est magnifiée, mais elle rappelle que le cardinal avait fait construire une digue pour empêcher les protestants anglais de venir ravitailler par mer la ville, contre les troupes royales.
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Sur le plan extérieur, Richelieu engage la France dans la guerre de Trente Ans (1618-1648), malgré son catholicisme, afin de lutter contre l’encerclement des Habsbourg (Espagne et Empire). La France soutient d’abord indirectement les ennemis des Habsbourg, puis entre directement en guerre en 1635. Cette politique vise à faire de la France la première puissance européenne.
La victoire française de Rocroi en 1643, qui annonce la domination française en Europe pendant deux siècles
Extrait du film Alatriste, où les Français attaquent avec la cavalerie puis l'infanterie
Cependant, cette centralisation et l’effort de guerre entraînent de fortes tensions internes : hausse des impôts, mécontentement des populations et des élites. La révolte des nu-pieds de Normandie ou celle des Croquants du Sud-Ouest protestent violemment contre la misère qui frappe les campagnes.
A l'époque du petit âge glaciaire, les hivers sont particulièrement rudes et les famines courantes. Aux États Généraux de 1614, un représentant du Tiers-Etat, Jean Savaron affirme "Qu'auriez-vous dit, Sire, si vous aviez vu dans vos pays de Guyenne et d'Auvergne, les hommes paître l'herbe à la manière des bêtes ? ".
Ces tensions débouchent, après la mort de Richelieu (1642) et de Louis XIII (1643), sur une période de troubles appelée la Fronde (1648-1653), une série de révoltes contre l’autorité royale durant la minorité de Louis XIV (né en 1638 et dont la mère Anne d'Autriche est régente du royaume, aux côtés du cardinal Mazarin). Mazarin finit par ramener l'ordre. En 1659, la paix avec les Habsbourg d'Espagne conduit au traité des Pyrénées: le mariage de Louis XIV avec une princesse espagnole, et une victoire française.
Le cardinal Mazarin, successeur de Richelieu et principal ministre du roi Louis XIV
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Anne d'Autriche, régente du royaume de France, mère de Louis XIV (et une possible amante du cardinal Mazarin)
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B. Louis XIV, le règne du roi-soleil
Le règne personnel de Louis XIV (1661-1715) incarne l'apogée de la monarchie de droit divin. En 1661, à la mort de Mazarin, le roi déclare qu'il règnera seul et sans principal ministre. Il centralise autour de sa personne le pouvoir, en utilisant des conseils devant l'entourer et le conseiller pour gouverner le royaume.
Le portrait du roi par Hyacinthe Rigaud, 1701
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Le roi affirme sa puissance par une politique de guerres visant à agrandir et sécuriser les frontières du royaume (guerre de Dévolution, guerre de Hollande, guerre de la Ligue d’Augsbourg). Ces conflits permettent à la France de s’imposer comme une puissance dominante en Europe.
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La France étend son territoire, principalement vers les Alpes, les Pyrénées et l'Est, afin de sécuriser ses frontières. Au Nord, le maréchal Vauban construit une série de forteresses pour empêcher une marche vers Amiens et Paris.
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Les maréchaux Turenne et de Luxembourg, le prince de Condé, remportent victoires après victoires contre les Habsbourg et leurs alliés. L'Alsace, l'Artois, les Flandres et les Pyrénées sont rattachés à la France. Les Habsbourg d'Espagne sont en déclin et le ministre de la guerre Louvois améliore considérablement l'efficacité de l'armée, dont les effectifs s'accroissent jusqu'à 300 000 hommes en 1700.
La prise de Mousquetaires, ici, les mousquetaires du roi à l'assaut, 1677
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La France devient alors pleinement le centre politique et culturel de l’Europe. La cour de Versailles, achevée dans les années 1680, symbolise la puissance royale et attire les élites européennes. Le royaume rayonne aussi par sa langue, ses arts et son modèle politique, imité par de nombreuses monarchies.
En 1635, le cardinal de Richelieu avait fondé l'académie française, suivent l'académie des sciences en 1666 et le patronage royal aux recherches scientifiques de son temps. A la cour, le mécénat du roi ou de grands seigneurs encourage les œuvres littéraires: Molière est soutenu par Monsieur frère du roi et Louis XIV en personne. Racine, Boileau, Fontenelle...sont parmi les nombreux hommes de lettres et de science de leur temps.
QUELQUES AIRS D’ÉPOQUE
La langue française devient celle des cours européennes, le modèle de Louis XIV d'une monarchie de droit divin est notamment soutenu par Bossuet, membre du clergé et orateur exceptionnel. Le pouvoir du roi demeure limité par les privilèges de la noblesse et du clergé, les parlements (cour de justice) provinciales et la décentralisation entre les provinces.
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Depuis 166, Louis XIV transforme le petit pavillon de chasse de Versailles en un palais qui se veut "Nec pluribus impar" ("supérieur à tout autre", la devise du roi). Ce palais, où il y emménage à compter de 1683, devient un modèle pour le reste des châteaux européens. C'est aussi un moyen d'encourager la production française, dynamisée par les commandes royales pour ce château.
A sa cour, Louis XIV invite les plus grands seigneurs, à qui il attribue biens et charges en échange de leur service et de leur loyauté.
Louis XIV avec Madame de Maintenon, une maitresse qu'il épouse religieusement dans un mariage morganatique (leur descendance ne compte pas dans l'héritage du royaume). Extrait du film Si Versailles m'était compté, de Sacha Guitry.
Sur le plan économique et maritime, le ministre Colbert développe une politique mercantiliste : il encourage le commerce, crée des manufactures, développe la marine de guerre et soutient l’expansion coloniale (Antilles, Canada, Louisiane, comptoirs en Inde). La France construit ainsi un véritable empire et renforce sa présence dans les échanges mondiaux, cependant, elle entre en concurrence avec l’Angleterre et les Provinces-Unies.
C. La France contre l’Europe
À la fin du règne de Louis XIV, la puissance française suscite de fortes résistances en Europe.
La politique de persécution des protestants est un désastre en 1685, lorsque l'édit de Fontainebleau révoque l'édit de Nantes.
À partir de 1688, la Glorieuse Révolution en Angleterre porte au pouvoir Guillaume d’Orange, ennemi de la France, et entraîne la formation de coalitions européennes contre Louis XIV. Les puissances européennes craignent que la France, seule, ne soit dominante. Les guerres deviennent plus longues et coûteuses, notamment la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) et la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714).
🔮 POUR VISUALISER 🔎
La présentation en carte de la guerre de Succession d'Espagne, 1701-1714
Dans cette dernière, le royaume échappe de peu à une invasion après une série de défaites désastreuses.
A ces défaites s'ajoutent les aléas du climat car plusieurs reprises, le royaume a subi des famines catastrophiques. Celle de 1691-1692 (10% de la population en meure), puis celle de 1709 où un hiver marque les esprits par sa rigueur.
Cependant, à Malplaquet (1709) puis à Denain (1712), le maréchal de Villars sauve le royaume, le roi laisse toutefois des finances en mauvais état et un royaume épuisé.
Le maréchal de Villars à la bataille de Denain
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Le 1er septembre 1715, Louis XIV meurt, contrairement à la légende, il ne dit jamais "L’État c'est moi", au contraire, il affirma
"Je m'en vais, mais l’État demeure".
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🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
CHRONOLOGIE DES PRINCIPALES DATES DU CHAPITRE
1453: Victoire française dans la Guerre de Cent Ans
1494: Début des guerres d'Italie
1515: Victoire de Marignan
1559: Mort accidentelle d'Henri II
1562: Massacre de Wassy, début des guerres de religion
1572: Saint-Barthélémy
1598: Paix de Vervins
1635: Richelieu lance la France dans la guerre de Trente Ans
1643: Début du règne de Louis XIV
1661: Mort de Mazarin, début du règne personnel de Louis XIV
1715: Mort du Roi