INTRODUCTION
✒️ DÉFINITION DE L'ENVIRONNEMENT
L’environnement désigne l’ensemble des conditions physiques, chimiques et biologiques qui entourent un organisme ou un système, ainsi que les interactions dynamiques entre composantes biotiques (êtres vivants : plantes, animaux, micro-organismes) et abiotiques (climat, sols, eau, relief, atmosphère). Selon les sciences du système Terre, l’écologie et le GIEC, il s’agit d’un système complexe où les activités humaines (anthropisation) modifient durablement les cycles biogéochimiques (carbone, azote, eau), la biodiversité et le climat.
L’environnement n’est pas un cadre passif ou purement « naturel » mais co-construit par les sociétés à travers l’exploitation des ressources, la transformation des paysages et les externalités (pollution, changement climatique). L’IPBES et le GIEC soulignent que l’Homme est devenu la principale force géologique (Anthropocène), rendant l’environnement un enjeu planétaire entre surexploitation et impératif de protection pour garantir les services écosystémiques (approvisionnement, régulation, culturels).
🔎LES 10 NOTIONS CLÉS DU CHAPITRE
@ Petersen-Rockney M, Baur P, Guzman A, Bender SF, Calo A, Castillo F, De Master K, Dumont A, Esquivel K, Kremen C, LaChance J, Mooshammer M, Ory J, Price MJ, Socolar Y, Stanley P, Iles A and Bowles T (2021). Creative Commons Attribution 4.0; Wikimedia Commons
Anthropocène : ère proposée où l’Homme devient force géologique dominante (début souvent situé vers 1800 avec la révolution industrielle ou 1945 avec la Grande Accélération).
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GIEC (IPCC) : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, créé en 1988, qui synthétise la science pour les décideurs politiques.
@US Department of State. Wikimedia Commons
Accord de Paris (2015) : traité universel visant à limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et à poursuivre l’effort vers 1,5 °C via des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) révisables.
@Chronique de Girart de Rousillon. — Bibliothèque de Vienne. CC BY-SA 4.0. Wikimedia Commons
Optimum médiéval : période de réchauffement relatif (900-1300) en Europe favorisant expansion agricole et démographique.
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Petit Âge glaciaire : refroidissement marqué (1300/1450-1850) entraînant famines, crises sociales et adaptation partielle des sociétés.
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Manifest Destiny : doctrine américaine (1845) justifiant l’expansion territoriale et l’exploitation illimitée des ressources comme destinée divine.
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Conservation : approche initiée par Theodore Roosevelt visant une gestion rationnelle et durable des ressources naturelles plutôt que leur pillage.
@L.tak. Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0. Wikimedia Commons
CDN (Contributions Déterminées au niveau National) : engagements volontaires de chaque pays dans l’Accord de Paris, actualisés tous les 5 ans avec bilan mondial.
@L.tak. Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0. Wikimedia Commons
Services écosystémiques : bénéfices fournis gratuitement par les écosystèmes (provision : bois, nourriture ; régulation : carbone, eau ; culturels : récréation ; soutien : sols, pollinisation).
@Julien Harneis. Wikimedia Commons
Justice climatique : principe exigeant que les pays riches aident financièrement et techniquement les pays vulnérables à s’adapter et à mitiger les dégâts climatiques.
🪶LES CITATIONS A RETENIR POUR UNE COPIE
« L’homme fait partie de la nature, et sa guerre contre la nature est inévitablement une guerre contre lui-même. »
– Rachel Carson, Silent Spring, 1962.
« Nous devons, en tant que nation, faire preuve de prévoyance pour l'avenir de cette nation ; et si nous n'exerçons pas cette prévoyance, l'avenir sera sombre. »
– Theodore Roosevelt, discours devant la Conférence sur la conservation des ressources naturelles, 13 mai 1908.
« La première règle de l’écologie, c’est que les éléments sont tous liés les uns aux autres. »
– Barry Commoner, The Closing Circle, 1971.
« Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres ; nous l’empruntons à nos enfants. »
– Attribuée à Antoine de Saint-Exupéry, peut être issue de proverbes amérindiens.
AXE 1. EXPLOITER, PRÉSERVER, PROTÉGER
🔎LE CANVA DE PRESENTATION📋
I. Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert
Problématique: Dans quelle mesure l’État français a-t-il réussi à surmonter son incapacité à protéger la forêt française depuis l'époque médiévale?
A. Les paysages forestiers de la France et l’historique de la forêt française depuis l’an Mille
Dès l’an Mille, une déforestation massive s’opère sous l’effet de la croissance démographique, de l’essor agricole et de l’utilisation intensive du bois pour le chauffage, la construction et la sidérurgie naissante. La surface forestière passe d’environ 30 millions d’hectares vers l’an 1000 à seulement 13 millions d’hectares vers 1300, soit une division par plus de deux en trois siècles, favorisée par l’optimum médiéval qui permet des rendements agricoles accrus et l’ouverture de terres marginales. Les grands défrichements du XIe-XIIIe siècle transforment les massifs anciens en mosaïques bocagères, vignobles et champs ouverts, tandis que les façades maritimes sont particulièrement touchées pour les chantiers navals.
Une forêt médiévale, lieu de chasse pour le seigneur
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Les crises du XIVe siècle (Peste noire 1347-1352 et Guerre de Cent Ans) provoquent une déprise agricole massive, entraînant un reboisement naturel spontané sur des milliers d’hectares abandonnés. Après 1300, la forêt regagne temporairement du terrain sous forme de taillis avant d’atteindre un nouveau minimum historique au XIXe siècle. Dès le XIIIe siècle, l’État royal met en place une administration spécialisée des Eaux et Forêts pour protéger les domaines royaux et garantir l’approvisionnement en bois stratégique. L’ordonnance de Brunoy de 1346 tente de réglementer les coupes et d’interdire certaines pratiques destructrices. La forêt reste cependant un paysage hétérogène et anthropisé : 75 % de la forêt française est aujourd’hui privée (3,5 millions de propriétaires), dominée par le chêne pédonculé (25 % des peuplements) et le hêtre (11 %).
POUR REVISER AVEC LES RESEAUX SOCIAUX: LE COURS EN 1 MINUTE 🗝️
Depuis le milieu du XIXe siècle, la forêt double de surface grâce à l’exode rural, au remplacement du bois par le charbon puis par d’autres énergies, et à des politiques actives de reboisement. De 9 millions d’hectares vers 1830 à 17,6 millions d’hectares en 2025 (IGN 2025), soit 32 % du territoire métropolitain, avec un gain moyen de 90 000 ha par an. Le volume sur pied atteint 2,8 milliards de m³ (environ 172 m³/ha en moyenne). Malgré le dépérissement climatique (arbres morts représentant 5 % du volume, mortalité +125 % en dix ans, surfaces dépérissantes estimées à au moins 670 000 ha), la surface nette continue d’augmenter, marquant un renversement historique : la forêt redevient un atout stratégique pour le carbone, la biodiversité et la filière bois.
La densité du couvert forestier en France, par département (le vert foncé montre une densité élevée)
@Wikimedia Commons. Francescab. Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0
B. La forêt française de Colbert à Napoléon III
La période de Colbert à Napoléon III marque une transition décisive d’une exploitation souvent incontrôlée vers une gestion centralisée, rationnelle et durable de la forêt française, combinant impératifs stratégiques (marine, économie) et premières mesures de protection. L’ordonnance sur les Eaux et Forêts d’août 1669, véritable premier code forestier unifié sous Louis XIV, réintègre des milliers d’hectares dans le domaine royal, réglemente strictement les modes de coupe en privilégiant la futaie sur le taillis, interdit le pâturage destructeur des chèvres et moutons, et vise à garantir un approvisionnement régulier en bois de qualité pour la construction navale et l’industrie.
Cependant, face à la pression croissante de l’industrialisation naissante (charbon de bois pour la sidérurgie et les forges), l’application reste très inégale selon les provinces et la forêt continue globalement de reculer jusqu’au début du XIXe siècle.
Jean-Baptiste Colbert
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La création d'une flotte de guerre et marchande: la nécessité d'exploiter le bois
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La construction nécessite aussi du bois de qualité
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FOCUS EXEMPLE 🌸
Sous le Second Empire, Napoléon III impulse une politique volontariste et massive de reboisement des montagnes et des landes pour lutter contre l’érosion, assainir les zones marécageuses et soutenir l’économie des régions pauvres. La loi du 19 juin 1857 sur le reboisement des montagnes (RTM) et la loi du 9 juin 1864 sur le gazonnement autorisent des opérations d’envergure nationale. Plus d’un million d’hectares de pins maritimes sont plantés dans les Landes de Gascogne entre 1857 et 1900, transformant des marais insalubres en un massif productif. La conversion progressive des taillis-sous-futaie en futaies régulières, l’enrésinement des sols pauvres et la création d’une administration forestière moderne augmentent la productivité et la résilience des peuplements.
Le cadastre napoléonien de 1807 et la carte d’État-major permettent une meilleure cartographie et connaissance du patrimoine forestier.
Les agronomes associent dérèglement climatique et déboisement
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Les Landes sont choisies pour y implanter du pin sous Napoléon III
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En 1900, le reboisement est une réussite
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C. Les usages contemporains de la forêt française
Aujourd’hui, la forêt française remplit des fonctions multiples et parfois contradictoires : ressource économique majeure de la filière bois, réservoir essentiel de services écosystémiques (stockage carbone, biodiversité, régulation de l’eau et des sols), espace récréatif et touristique en forte expansion, tout en étant confrontée à des défis croissants liés au changement climatique et à la concurrence des usages.
La production biologique s’élève à 87,8 millions de m³ par an (moyenne 2013-2023), avec une récolte ne couvrant que 67 % de la croissance annuelle, ce qui maintient un puits de carbone actif. 49 % de la valeur ajoutée de la filière provient du secteur de la construction (6,2 % des logements en bois en 2022). Sur le plan environnemental, la forêt stocke 2,8 milliards de m³ de bois et 437 millions de m³ de bois mort qui constituent des habitats précieux pour la biodiversité (106 essences autochtones couvrant 93 % de la surface). La gestion durable progresse : 95 % des forêts publiques et 31 % des forêts privées disposent d’un document de gestion. L’ONF gère 4,1 millions d’hectares (environ 25 % de la surface totale), tandis que la propriété privée domine largement. Les usages récréatifs et paysagers explosent avec le tourisme en forêts domaniales, la chasse réglementée, la cueillette et la protection de 150 000 ha en réserves naturelles.
Cependant, le changement climatique provoque un dépérissement sur au moins 670 000 ha en 2023 (5 % du volume total), une mortalité des arbres en hausse de 125 % en dix ans, et une baisse de la production de 4 % entre 2015 et 2023. La concurrence des usages (urbanisation en périphérie, énergies renouvelables, agriculture) et la fragmentation des peuplements ajoutent des pressions. La forêt reste donc un espace de tensions entre exploitation économique, protection écologique, services sociétaux et adaptation au réchauffement, illustrant parfaitement l’enjeu planétaire entre exploitation et préservation.
🧧A RETENIR DANS CETTE PARTIE POUR LE BAC !!!
Forte déforestation médiévale (XIe–XIIIe siècles) :
≈ 30 millions d’ha vers l’an 1000 → ≈ 13 millions vers 1300
expansion agricole, démographie, construction, sidérurgie
Paysages transformés : bocages, champs, vignobles
Crises du XIVe siècle (Peste noire, guerre de Cent Ans) → reboisement naturel
XIXe siècle : minimum forestier historique
Depuis 1850 : forte reforestation
9 millions d’ha (1830) → 17,6 millions (2025)
+90 000 ha/an en moyenne
Situation actuelle :
32 % du territoire
forêt majoritairement privée (75 %)
enjeux climatiques (dépérissement, mortalité en hausse)
👉 Idée clé :
➡️ La forêt française connaît une longue alternance déforestation / reforestation
1669 : ordonnance de Colbert (Jean-Baptiste Colbert)
gestion centralisée
protection du bois stratégique (marine)
régulation des coupes et des usages
Application inégale → recul forestier jusqu’au XIXe siècle
XIXe siècle : transition industrielle (charbon, forges)
Second Empire : politique de reboisement massif
lois de 1857 (Landes) et 1864
plantation de pins maritimes (> 1 million ha)
Outils modernes : cadastre napoléonien, cartographie
👉 Idée clé :
➡️ Passage d’une exploitation anarchique à une gestion étatique et productiviste
Forêt = espace multifonctionnel :
économique (filière bois, construction)
écologique (carbone, biodiversité)
social (loisirs, tourisme)
Données clés :
87,8 millions m³ de production/an
67 % seulement de la croissance exploitée → puits de carbone
2,8 milliards m³ de stock de bois
Gestion :
95 % des forêts publiques gérées durablement
ONF : 4,1 millions ha
Pressions actuelles :
changement climatique (670 000 ha dépérissants)
mortalité +125 % en 10 ans
conflits d’usage (urbanisation, énergie, agriculture)
👉 Idée clé :
➡️ La forêt est un espace sous tension entre exploitation et protection
II. Le rôle des individus et des sociétés dans l’évolution des milieux
Problématique: Dans quelle mesure les révolutions technologiques connues par l'humanité conduisent celui-ci à transformer les milieux qu'ils occupent?
A. La révolution néolithique
La révolution néolithique (10000 av. J.-C. au Moyen-Orient et 6000-4000 av. J.-C. en Europe occidentale) représente le premier grand tournant où les individus et les sociétés deviennent les acteurs principaux de l’évolution des milieux, marquant le passage progressif d’une économie de chasse-cueillette à une économie agricole et sédentaire. Ce basculement entraîne une déforestation massive pour dégager des espaces cultivables et des pâturages, modifiant durablement la composition de la végétation, la faune sauvage et la qualité des sols.
Les défrichements néolithiques remplacent progressivement les forêts primaires par des champs de céréales, des prairies et des villages permanents, avec des impacts visibles sur l’érosion et la perte locale de biodiversité. La domestication des plantes (blé, orge) et des animaux (ovins, caprinés, bovins) accentue la pression sur les milieux : les troupeaux provoquent un surpâturage et une compaction des sols.
La pierre taillée du paléolithique
@Didier Descouens. Creative Commons Attribution 3.0. Wikimedia Commons
La pierre polie, les outils utilisés au Néolithique
@Zde. Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0. Wikimedia Commons
La carte de diffusion de l'agriculture en Europe et au Moyen-Orient
@Wikimedia Commons
Maquette de la ville de Los Millares, Espagne actuelle
@Jose Mª Yuste, de la fotografía (Tuor123). Miguel Salvatierra Cuenca, autor de la ilustración .CC BY-SA 4.0 Wikimedia Commons
FOCUS EXEMPLE 🌸
POUR REVISER AVEC LES RESEAUX SOCIAUX: LE COURS EN 1 MINUTE 🗝️
La croissance démographique (de quelques millions à environ 200 millions d’individus dans le monde entre 10 000 av. J.-C. et l’an 1) accélère cette anthropisation en augmentant les besoins en terres et en ressources. Les outils nouveaux (haches polies en pierre) et l’usage maîtrisé du feu pour créer des clairières permettent une transformation rapide et systématique des paysages. Le bocage naissant, les enclos et les habitats sédentaires marquent la fin des écosystèmes « primaires » dans de nombreuses régions.
B. La révolution industrielle
La révolution industrielle (fin XVIIIe-XIXe siècles) amplifie considérablement le rôle des individus (ouvriers, entrepreneurs, inventeurs) et des sociétés (État, entreprises) dans la dégradation puis la protection progressive des milieux, marquant le véritable début de l’Anthropocène climatique. Le besoin croissant en énergie et en matières premières (charbon, fer) provoque une pollution massive des airs et des eaux (fumées noires, pluies acides) et une déforestation résiduelle dans certaines régions. L’extraction charbonnière et la sidérurgie explosent au XIXe siècle, concentrant la pollution dans les bassins industriels du Nord de la France, de la Belgique et de l’Angleterre. L’urbanisation rapide et l’exode rural transforment les villes en espaces saturés de rejets (eaux usées, déchets industriels), aggravant les problèmes sanitaires.
Jean-Baptiste Colbert
@Wikimedia Commons
Une machine à vapeur Millot
@Jerome Bardiau. CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons
La ville de Londres au 19e siècle
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Un complexe industriel à Chemnitz, Allemagne, 1870
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Les premiers textes réglementaires, comme les décrets de 1810 sur les établissements insalubres en France, tentent de classer et contrôler les usines polluantes, mais restent très insuffisants face à la priorité absolue donnée à la croissance économique. Les individus (patrons cherchant la productivité, ouvriers subissant les nuisances) et l’État accélèrent la dégradation tout en posant les bases d’une prise de conscience hygiéniste et environnementale. Le charbon remplace progressivement le bois comme source d’énergie, soulageant la pression sur les forêts et favorisant leur reboisement spontané en France.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Cette période marque le début de l’Anthropocène climatique avec la hausse continue du CO₂ atmosphérique (de 280 ppm pré-industriel à environ 295-300 ppm vers 1900). Des alertes scientifiques émergent (travaux sur les pluies acides dès 1852) et des lois hygiénistes se multiplient, préfigurant l’écologie politique du XXe siècle. La révolution industrielle révèle ainsi les externalités négatives d’un modèle productiviste tout en initiant les premières régulations environnementales modernes.
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Période : 10000 av. J.-C. au Moyen-Orient / 6000-4000 en Europe
Passage majeur : chasse-cueillette → agriculture sédentaire
Transformations des milieux :
déforestation massive pour cultiver et élever des animaux
remplacement des forêts par champs, prairies, villages
modification des sols (érosion, perte de biodiversité)
Innovations clés :
domestication des plantes (blé, orge)
domestication des animaux (bovins, ovins, caprins)
outils (haches polies), usage du feu
Conséquences démographiques :
forte croissance mondiale (jusqu’à ~200 millions d’habitants vers l’an 1)
pression accrue sur les terres
👉 Idée clé :
➡️ Le Néolithique marque la première anthropisation massive des milieux naturels
Période : fin XVIIIe – XIXe siècles
Explosion des activités humaines sur les milieux
Transformations majeures :
industrialisation (charbon, acier)
pollution massive (air, eau, sols)
urbanisation rapide et insalubre
exode rural
Effets environnementaux :
émissions de CO₂ : 280 ppm → ~300 ppm (1900)
déforestation puis reboisement partiel (charbon remplaçant le bois)
pollution industrielle concentrée (bassins du Nord de l’Europe)
Réactions :
premières lois (décret de 1810 sur les industries insalubres)
émergence d’une conscience hygiéniste
débuts des alertes scientifiques (pluies acides dès 1850s)
👉 Idée clé :
➡️ La révolution industrielle marque le début de l’Anthropocène et des premières régulations environnementales
POUR S'ENTRAINER: A VOUS DE JOUER 🙋
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AXE 2. LE CHANGEMENT CLIMATIQUE: APPROCHES HISTORIQUES ET GÉOPOLITIQUES
🔎LE CANVA DE PRESENTATION📋
I. Les fluctuations climatiques et leurs effets : l’évolution du climat en Europe du Moyen Âge au XIXe siècle
Problématique: Comment l'évolution climatique montre-t-elle la fragilité d'une société?
A. L’optimum médiéval
L’optimum climatique médiéval (environ 900-1300) illustre comment un réchauffement naturel relatif de 0,5 à 1,5 °C par rapport à la moyenne pré-industrielle peut devenir un puissant moteur d’anthropisation des milieux en Europe occidentale. Les étés plus longs, plus chauds et secs, combinés à des hivers moins rigoureux, améliorent les rendements céréaliers et viticoles, permettent l’ouverture de nouvelles terres cultivables en altitude et en latitude, et accélèrent les grands défrichements. Les vignobles s’étendent de 500 à 800 km vers le nord (Angleterre, Belgique, sud de la Scandinavie), avec des vendanges précoces avancées de 2 à 3 semaines par rapport aux dates du XXe siècle. Les glaciers alpins reculent fortement, facilitant le passage de cols comme le Théodul presque toute l’année.
FOCUS EXEMPLE 🌸
En France, les défrichements massifs réduisent la forêt de 30 millions d’hectares vers l’an 1000 à 13 millions vers 1300. La population européenne double environ, soutenue par une meilleure sécurité alimentaire et l’essor du commerce. Les sociétés exploitent activement ces conditions clémentes pour construire cathédrales gothiques nécessitant d’énormes quantités de bois, développer les échanges hanséatiques et méditerranéens, et étendre l’agriculture sur des terres marginales. Cependant, cette période n’est pas uniformément bénéfique et reste limitée à l’Europe occidentale. Sa fin abrupte vers 1310-1315, marquée par des étés pluvieux et froids, provoque la Grande Famine et annonce la transition vers le Petit Âge glaciaire, révélant la vulnérabilité des sociétés face aux variations climatiques naturelles.
🔎 POUR S'EN RAPPELER 📝
B. Le petit âge glaciaire et ses conséquences
Le Petit Âge glaciaire (environ 1300/1450-1850) constitue une période de refroidissement moyen de 0,5 à 2 °C en Europe, avec des hivers extrêmement rigoureux, des étés courts et pluvieux, entraînant des famines récurrentes, une mortalité élevée et une grande instabilité sociale. Ce refroidissement amplifie les crises existantes (guerres, épidémies) et met en évidence la vulnérabilité des sociétés agraires dépendantes des rendements céréaliers. La famine de 1315-1317 (étés pourris) cause une mortalité estimée à 5-10 % de la population en Europe du Nord-Ouest.
FOCUS EXEMPLE 🌸
Une danse macabre, la représentation de la mort omniprésente et de la brièveté de la vie à l'époque médiévale
@Wikimedia Commons
Tableau de Brueghel, un paysage villageois en hiver
@Wikimedia Commons
L’hiver 1708-1709 (« Grand Hiver ») voit des températures descendant jusqu’à -16 °C à Paris et -30 °C dans certaines régions, provoquant environ 600 000 morts en France. La crise de 1693-1694 combine mauvaises récoltes et guerre, entraînant 1,3 à 2 millions de morts (environ 10 % de la population française). La Tamise gèle plusieurs semaines par an à Londres entre 1600 et 1814, les prix céréaliers sont multipliés par 4 à 6, et des phénomènes de migration massive, d’émeutes frumentaires et même de suicides ou d’anthropophagie sont documentés.
1709, une année de guerre, de disette en France, se rajoutant à l'hiver qui frappe l'Europe
@BNF Gallica
La lagune gelée de Venise pendant l'hiver 1709
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Les sociétés tentent des adaptations partielles (changement de cultures, stockage accru, migration), mais la rigidité des systèmes agraires aggrave souvent les impacts. La fin progressive du Petit Âge glaciaire vers 1850 coïncide avec les débuts de l’industrialisation et le passage à un réchauffement anthropique, marquant la transition vers l’ère industrielle.
C. Le climat au XIXe siècle : les premières conséquences de l’industrialisation
Le XIXe siècle marque le passage progressif d’un climat dominé par des fluctuations naturelles à un réchauffement anthropique naissant, lié à la révolution industrielle et à la combustion massive de charbon. La concentration de CO₂ atmosphérique passe de 280 ppm pré-industriel à environ 295-300 ppm vers 1900, selon les carottes de glace. Les températures européennes augmentent de 0,3 à 0,5 °C entre 1850 et 1900, combinant la sortie du Petit Âge glaciaire et les premiers effets des émissions humaines. La pollution industrielle (fumées noires, dioxyde de soufre) provoque des pluies acides qui dégradent forêts et lacs, particulièrement dans le Nord de la France et en Angleterre.
Un exemple contemporain de smog (brouillard artificiel) industriel
@Wikimedia Commons
FOCUS EXEMPLE 🌸
L’urbanisation et l’exode rural concentrent les nuisances (eaux polluées, air vicié) dans les villes industrielles. Les décrets de 1810 classant les établissements insalubres constituent une première tentative de régulation, mais restent laxistes. Des alertes scientifiques émergent (Robert Angus Smith sur les pluies acides en 1852) et des lois hygiénistes se développent en Europe. Le remplacement du bois par le charbon comme source d’énergie soulage la pression sur les forêts françaises et favorise leur reboisement. Cette période pose les bases des débats contemporains sur la régulation des externalités environnementales et annonce l’ère du changement climatique d’origine humaine.
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Période : 900-1300
Réchauffement naturel (+0,5 à +1,5 °C)
Effets sur les milieux :
amélioration des rendements agricoles et viticoles
extension des cultures vers le nord et en altitude
recul des glaciers alpins
vendanges avancées de 2 à 3 semaines
Transformations humaines :
grands défrichements (forêt : 30 → 13 millions d’ha en France)
forte croissance démographique en Europe
essor des échanges commerciaux et des villes
Limites :
phénomène régional (Europe occidentale)
fin brutale vers 1310-1315 → famines et crises
👉 Idée clé :
➡️ Un climat plus chaud peut favoriser l’expansion des sociétés humaines, mais reste fragile et instable
Période : 1300/1450 – 1850
Refroidissement de -0,5 à -2 °C en Europe
Conséquences majeures :
hivers très froids, étés courts et humides
mauvaises récoltes → famines récurrentes
instabilité sociale et politique
Crises marquantes :
famine de 1315-1317 (5 à 10 % de mortalité)
Grand hiver de 1709 (~600 000 morts en France)
crise de 1693-1694 (jusqu’à 2 millions de morts)
gel de la Tamise à Londres
Adaptations limitées :
changement de cultures, stockage, migrations
mais forte vulnérabilité des sociétés agraires
👉 Idée clé :
➡️ Le climat froid révèle la fragilité des sociétés préindustrielles
Transition climatique liée à la révolution industrielle
Hausse des émissions de CO₂ : 280 → 295-300 ppm (1900)
Réchauffement européen : +0,3 à +0,5 °C
Effets environnementaux :
pollution industrielle (fumées, pluies acides)
dégradation des forêts et des lacs
urbanisation et insalubrité
Réponses :
premières lois (décret de 1810 sur les industries insalubres)
débuts des alertes scientifiques (pluies acides dès 1852)
reboisement partiel grâce au charbon
👉 Idée clé :
➡️ Le XIXe siècle marque le début de l’impact climatique des activités humaines
II. Le climat, enjeu des relations internationales : les accords internationaux
A. La prise de conscience climatique au cours du XXe siècle
La prise de conscience climatique s’accélère dans la seconde moitié du XXe siècle grâce aux progrès scientifiques (mesures du CO₂ à Mauna Loa dès 1958), aux catastrophes environnementales et à la mobilisation citoyenne. La conférence de Stockholm en 1972 constitue la première grande conférence des Nations Unies sur l’environnement. La création du GIEC en 1988 (WMO et UNEP) permet de synthétiser la science climatique pour les décideurs. Le premier rapport du GIEC en 1990 affirme clairement l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine.
Un groupe d'experts pionnier dans l'alerte sur les changements climatiques
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Les mouvements citoyens (Earth Day 1970), les ONG (Greenpeace, WWF) et les alertes de scientifiques comme James Hansen (témoignage au Congrès américain en 1988) jouent un rôle décisif. Le rapport Brundtland de 1987 popularise le concept de développement durable. La science devient progressivement le socle légitime des négociations internationales, transformant le climat d’un sujet scientifique en enjeu géopolitique planétaire. Cette période pose les fondations institutionnelles et sociétales des accords ultérieurs.
B. Des accords internationaux progressivement mis en œuvre
Les accords internationaux sur le climat évoluent d’un cadre général non contraignant vers un régime universel et évolutif. La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) signée à Rio en 1992 pose les principes de base (stabilisation des GES, responsabilités communes mais différenciées) et instaure le processus des COP. Le Protocole de Kyoto en 1997 introduit les premiers engagements contraignants de réduction pour les pays développés (-5,2 % en moyenne sur 2008-2012) avec des mécanismes de flexibilité (marché carbone, projets MDP).
FOCUS EXEMPLE 🌸
Une manifestation du groupe écologiste Extinction Rebellion en 2018 à Londres
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Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis des accords de Paris, 2017
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Pays ayant accepté de signer et ratifier l'accord de Paris (les Etats-Unis s'en sont retirés à deux reprises, sous les présidences de Donald Trump)
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L’Accord de Paris adopté à la COP21 en 2015 marque un tournant : objectif de limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et de poursuivre vers 1,5 °C, via des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) volontaires mais révisables tous les 5 ans, un mécanisme de transparence et un bilan mondial (Global Stocktake). La mise en œuvre progresse lors des COP suivantes (Glasgow 2021 sur le charbon, Dubai 2023 sur les fossiles, Belém 2025 avec roadmaps et finance adaptation). Malgré les limites (absence de sanctions fortes, finance insuffisante), ces accords constituent une architecture multilatérale historique.
C. Le bilan au XXIe siècle de cette prise de conscience
Au XXIe siècle, le bilan de la prise de conscience climatique reste mitigé : un cadre institutionnel robuste (Accord de Paris ratifié par 195 pays) coexiste avec des émissions globales toujours en hausse et un réchauffement qui s’accélère. La période 2023-2025 affiche une moyenne supérieure à 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle pour la première fois sur trois ans (Copernicus/WMO). 2025 est la troisième année la plus chaude enregistrée, avec des impacts extrêmes (inondations, sécheresses, incendies). La COP30 à Belém en novembre 2025 produit des avancées partielles (triplement de la finance adaptation d’ici 2035, roadmaps sur les fossiles et la déforestation), mais sans engagement contraignant de phase-out des énergies fossiles.
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L’écart entre les trajectoires actuelles (2,6-3,1 °C projetés en 2100) et les objectifs de Paris persiste. Le retrait des États-Unis effectif le 27 janvier 2026 (sous Trump 2) affaiblit le multilatéralisme, réduit la finance climat et encourage d’autres acteurs à relâcher leurs efforts. Les acteurs non-étatiques (villes, entreprises, jeunesse, ONG) comblent partiellement le vide, mais les inégalités Nord-Sud et le manque de justice climatique restent criants. Le bilan pose un cadre historique indispensable tout en soulignant l’urgence d’actions plus radicales avant 2030.
🧧A RETENIR DANS CETTE PARTIE POUR LE BAC !!!
Accélération après 1950 grâce à la science et aux alertes environnementales
Mesures clés : CO₂ mesuré à Mauna Loa Observatory dès 1958
Grandes étapes :
1972 : conférence de Stockholm (première conférence ONU sur l’environnement)
1987 : rapport Brundtland → notion de développement durable
1988 : création du GIEC
1990 : premier rapport → origine humaine des gaz à effet de serre
Acteurs :
ONG (Greenpeace, WWF)
mouvements citoyens (Earth Day 1970)
scientifiques (James Hansen, 1988)
👉 Idée clé :
➡️ Le climat devient un enjeu scientifique, politique et mondial
1992 : CCNUCC (Rio) → naissance des COP
principe : responsabilités communes mais différenciées
1997 : Protocole de Kyoto
-5,2 % d’émissions pour les pays développés
mécanismes de marché carbone
2015 : Accord de Paris
objectif : limiter le réchauffement à 1,5–2 °C
engagements nationaux (CDN) révisables tous les 5 ans
COP récentes :
Glasgow 2021 → charbon
Dubaï 2023 → énergies fossiles
Belém 2025 → finance et adaptation
👉 Limites :
absence de sanctions fortes
financement insuffisant
👉 Idée clé :
➡️ Mise en place d’un système mondial de gouvernance climatique, mais fragile
Accord de Paris signé par 195 États
Mais émissions toujours en hausse
Situation actuelle :
réchauffement > 1,5 °C (2023-2025)
2025 : année parmi les plus chaudes jamais enregistrées
projections : +2,6 à +3,1 °C en 2100
Limites politiques :
retrait des États-Unis (2026)
inégalités Nord-Sud
financement insuffisant
Acteurs complémentaires :
villes, ONG, entreprises, citoyens
👉 Idée clé :
➡️ Une prise de conscience réelle mais insuffisante face à l’urgence climatique
⌛ CHRONOLOGIE DES FAITS ÉVOQUÉS
Vers 10 000 av. J.-C. — Révolution néolithique (début de l’agriculture, sédentarisation et anthropisation des milieux)
1300-1850 → Petit Âge Glaciaire
1669 — Ordonnance de Colbert sur les Eaux et Forêts (première grande politique de gestion durable de la forêt en France)
Fin XVIIIe siècle / 1859 — Début de la Révolution industrielle + premier forage pétrolier moderne (Pennsylvanie)
1872 — Création du premier parc national : Yellowstone (États-Unis) → naissance du modèle des aires protégées
1962 — Parution de Printemps silencieux de Rachel Carson (alerte sur les pesticides et le DDT)
1972 — Conférence de Stockholm + Rapport Meadows (Club de Rome) → environnement devient un enjeu international
1987 — Rapport Brundtland → concept de « développement durable »
1988 — Création du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)
1992 — Sommet de la Terre à Rio → Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques + Agenda 21
1997 → Protocole de Kyoto
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