🔎LES NOTIONS CLÉS A RETENIR POUR LE CHAPITRE
Plébiscite : Vote par lequel le peuple répond par « oui » ou par « non » à une question posée par le pouvoir. Sous le Second Empire, Napoléon III utilise les plébiscites pour renforcer sa légitimité politique.
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Coup d’État : Prise du pouvoir par la force en dehors des règles légales. Le 2 décembre 1851, Napoléon III réalise un coup d’État pour conserver le pouvoir avant de devenir empereur.
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Socialisme : Courant politique et social qui critique les inégalités créées par l’industrialisation et défend une meilleure répartition des richesses. Au XIXe siècle, les socialistes réclament davantage de droits pour les ouvriers.
Césarisme : Régime politique dans lequel un chef concentre un pouvoir personnel fort tout en s’appuyant sur le soutien direct du peuple. Napoléon III gouverne selon ce modèle en combinant autorité et recours au suffrage universel masculin.
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Risorgimento : Mouvement national italien du XIXe siècle visant à unifier les différents États de la péninsule italienne. Il aboutit progressivement à l’unité italienne autour du royaume du Piémont-Sardaigne.
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Haussmannisation : Transformation de Paris menée sous Napoléon III par le préfet Georges Eugène Haussmann. Elle se caractérise par la création de grands boulevards, de parcs et d’équipements modernes.
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Révolution industrielle : Mécanisation progressive de la production, donnant la voie à l'émergence de grandes entreprises, à une révolution des moyens de transport et à une urbanisation croissante.
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Libre-échange : Système économique favorisant la liberté du commerce et la diminution des droits de douane entre les pays. Sous le Second Empire, Napoléon III signe un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni en 1860.
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🏛️LES PERSONNAGES LES PLUS IMPORTANTS
Frères Pereire: Émile Pereire (1800-1875) et Isaac Pereire (1806-1880) sont deux grands financiers du Second Empire. Ils participent au développement des chemins de fer, des banques et de l’urbanisation moderne.
Georges Eugène Haussmann (1809-1891) : Préfet de la Seine nommé par Napoléon III, il transforme profondément Paris entre 1853 et 1870. Ses grands travaux modernisent la ville mais provoquent aussi des critiques et des expulsions populaires.
Eugène Schneider (1806-1875) : Grand industriel français, il développe les usines du Creusot spécialisées dans la métallurgie et l’armement. Il symbolise la puissance industrielle du Second Empire.
Ferdinand de Lesseps (1805-1894) : Diplomate et entrepreneur français, il dirige la construction du canal de Suez inauguré en 1869. Ce canal devient un axe stratégique majeur entre l’Europe et l’Asie.
Eugène Rouher (1814-1884) : Ministre proche de Napoléon III, il est l’un des principaux défenseurs du régime impérial. Il joue un rôle important dans la politique économique et autoritaire du Second Empire.
Charles de Morny (1811-1865) : Demi-frère de Napoléon III, il participe activement au coup d’État de 1851. Homme d’affaires influent, il contribue au développement économique et financier du Second Empire.
Chapitre 1. La difficile entrée dans l’âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire
🪶CITATION A RETENIR:
Louis-Napoléon Bonaparte, "Telles sont les conquêtes que je médite, et vous tous qui m’entourez, qui voulez, comme moi, le bien de notre patrie, vous êtes mes soldats ", 9 octobre 1852.
Alphonse de Lamartine, "La France et le drapeau tricolore c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur, au besoin, pour nos ennemis", 25 février 1848.
A. Les révolutions européennes du Printemps des Peuples
En 1848, une vague révolutionnaire touche une grande partie de l’Europe. Ce mouvement, appelé le « Printemps des peuples », est provoqué par des difficultés économiques, des revendications libérales et l’essor des sentiments nationaux. Prenant son point de départ en Sicile, c'est avec la chute de Louis-Philippe en février 1848 qu'il amorce sa transition vers une vague à l'échelle du continent.
À Vienne, le chancelier Metternich doit fuir face aux manifestations qui s'empare de la ville. En Hongrie, les nationalistes veulent se séparer de l'Autriche. Dans la Confédération germanique, des députés se réunissent à Francfort afin de tenter de construire une nation allemande unifiée et libérale. En Italie, plusieurs soulèvements éclatent contre la domination autrichienne, comme à Milan. Une armée italienne unifiée est lancée contre les Autrichiens afin de placer le roi Victor Emmanuel de Piémont-Sardaigne sur le trône de l'Italie.
La réunion des députés allemands dans la Sankt Paul Kirche de Francfort
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Germania, l'allégorie de l'Allemagne. Tableau présenté dans l'église
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En France, la IIe République est proclamée sous l'impulsion du poète Lamartine, adopte le suffrage universel masculin, abolit l'esclavage en avril 1848 et établit des ateliers nationaux pour donner du travail aux ouvriers chômeurs. Aux élections législatives, l'Assemblée est dominée par des républicains modérés, alors que les monarchistes et les démocrates-socialistes forment les groupes d'opposition.
B. Le retour en force des régimes monarchiques
Rapidement, la IIe République connaît de fortes tensions. Les difficultés économiques ne s'apaisent pas, au contraire, le désordre les renforce. Les ateliers nationaux sont accusés par les libéraux d'être inefficaces et de favoriser l'agitation révolutionnaire.
Caricature libérale des ateliers nationaux, présentés comme un repère de fainéants, payés à ne rien faire
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Contre les libéraux, les démocrates-socialistes veulent une république sociale, demandent une redistribution des moyens de production, une démocratie directe et se réclament de l'héritage de Robespierre. Le 15 mai 1848, une tentative de prise de pouvoir par les chefs socialistes (Blanqui notamment) échoue. L'idée d'un affrontement entre libéraux et socialistes par les armes semble se rapprocher.
Dès février 1848, Lamartine avait défendu le drapeau tricolore contre le drapeau rouge, symbole des socialistes
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L'affrontement éclate pendant les "journées de Juin" 1848, après la fermeture des ateliers nationaux par un député royaliste, le comte de Falloux, des dizaines de milliers de Parisiens prennent les armes. L'insurrection est vaincue par l'armée, commandée par le général Cavaignac, au prix de milliers de morts.
Les barricades à Paris en juin 1848, daguerréotype
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Cavaignac présenté en sauveur de la république
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A ce moment, les royalistes et certains républicains libéraux considèrent qu'à la prochaine élection présidentielle, il faudra empêcher les socialistes de l'emporter. Pour cela, apparait ce qui deviendra le parti de l'Ordre en 1849: une alliance d'orléanistes (voulant que l'héritier de Louis-Philippe devienne roi), de légitimistes (partisans du petit-fils de Charles X) et de républicains antisocialistes.
Des figures notables du parti de l'Ordre
Adolphe Thiers, un orléaniste libéral
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Alfred de Falloux, légitimiste
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Charles de Montalembert, légitimiste, penseur catholique
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Alexis de Tocqueville, penseur du libéralisme politique
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Dans ce contexte d’inquiétude sociale, Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République en décembre 1848 grâce à son nom et à son image d’homme d’ordre. Peu à peu, il renforce son pouvoir personnel et s’oppose à l’Assemblée.
Louis-Napoléon Bonaparte jure serment à la république après son élection, décembre 1848
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Les monarchies européennes reprennent progressivement le contrôle de la situation. En Autriche, l’armée défait la révolte républicaine de Vienne, puis combat les nationalistes italiens. Ceux-ci sont vaincus à Novare. Avec l'aide de l'armée russe, les Habsbourg d'Autriche l'emportent contre les nationalistes hongrois. En Allemagne, le Parlement de Francfort échoue à réaliser l’unité allemande, notamment parce que le roi de Prusse refuse la couronne proposée par les députés.
La défaite de la révolte nationale hongroise, par les armées d'Autriche et de Russie
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C. De Louis-Napoléon Bonaparte à Napoléon III: le retour de l'Empereur
Louis-Napoléon Bonaparte mène une politique conservatrice, rejoignant les demandes du parti de l'Ordre: l'Eglise obtient un rôle essentiel dans l'éducation (loi Falloux), répression des clubs socialistes, défense du droit de propriété et libéralisme économique.
Cependant, le président se détache de cette majorité qui l'a porté au pouvoir à 2 occasions: d'abord, il fait entendre son opposition à une loi de 1850 qui abolit le suffrage universel. Puis, il accepte que des soldats crient "Vive l'Empereur!" en les passant en revue
Le mandat présidentiel de Louis-Napoléon Bonaparte doit normalement prendre fin en 1852, mais la Constitution lui interdit de se représenter immédiatement. Malgré des campagnes importantes de pétition pour changer la Constitution, les députés refusent de lui permettre de se représenter.
Une estampe en hommage au président
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La caricature du "ratapoil", le militant bonapartiste actif en soutien au président
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Louis-Napoléon Bonaparte, sous le regard de son oncle Napoléon Ier, sur le tableau
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Avec un petite équipe de fidèles (Persigny, Morny, Rouher, le préfet de police Maupas ou le général Saint-Arnaud), il organise le coup d’État du 2 décembre 1851, date symbolique qui rappelle le sacre de Napoléon Ier et la bataille d’Austerlitz.
L'armée prend le contrôle de Paris, 2 décembre 1851
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L’armée occupe Paris et les opposants républicains et royalistes sont arrêtés (Thiers, Cavaignac). Le coup d’État est ensuite approuvé par un plébiscite organisé auprès des électeurs, avec le rétablissement du suffrage universel masculin. En 1852, Louis-Napoléon devient officiellement Napoléon III et rétablit l’Empire.
De Louis-Napoléon Bonaparte à Napoléon III, Empereur des Français
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Napoléon III cherche à apparaître comme un dirigeant moderne, capable d’assurer l’ordre tout en favorisant le développement économique. Il dirige une démocratie autoritaire, où l'Empereur représente la souveraineté nationale et le parlement n'a qu'un rôle limité. Les opposants républicains ont du s'exiler ou ont été transportés en Algérie.
🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
Le Printemps des peuples débute en 1848.
Les peuples réclament libertés et nations.
La IIe République est proclamée en France en février 1848.
Le suffrage universel masculin est instauré.
L’esclavage est aboli en avril 1848.
Les journées de Juin 1848 opposent ouvriers et République.
Les révolutions échouent en Allemagne et en Autriche.
Louis-Napoléon Bonaparte est élu président en 1848.
Le coup d’État du 2 décembre 1851 met fin à la République libérale.
Le Second Empire est proclamé le 2 décembre 1852.
Chapitre 2. L’industrialisation et l’accélération des transformations économiques et
sociales en France. Le Second Empire, 1852-1870
🪶CITATION A RETENIR:
Louis-Napoléon Bonaparte, "Paris est bien le cœur de la France ; mettons tous nos efforts à embellir cette grande cité", 1850.
Claude Henri Rouvroy de Saint-Simon (philosophe ayant inspiré Napoléon III), "La société toute entière repose sur l'industrie", L'Industrie, 1816.
A. Moderniser Paris et la France
Napoléon III veut rattraper le retard économique pris par la France envers le Royaume-Uni. Le pays est majoritairement rural, manque de chemins de fer et d'industries d'importance.
Il s'inspire des idées du philosophe Saint-Simon, mort en 1825, qui appelait à mettre au premier plan de la société les créateurs et industriels.
Claude Henri Rouvroy de Saint-Simon, penseur de l'industrie et du capitalisme au XIXe siècle. Napoléon III connait bien ses écrits
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À Paris, les travaux dirigés par le préfet Georges Eugène Haussmann transforment profondément la capitale. De larges boulevards sont percés, de nouveaux égouts sont construits et des parcs sont aménagés. L'haussmanisation concerne aussi d'autres grandes villes françaises.
Ces transformations améliorent l’hygiène et la circulation, mais elles forcent les populations les plus précaires à quitter leurs habitats pour des quartiers aux loyers moins coûteux.
Les travaux d'Haussmann
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L'agrandissement de Paris. En rouge, ses frontières avant Haussmann
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En 1855, l'Empire accueille l'exposition universelle, un moment de présentation de toutes les dernières innovations technologiques et industrielles.
Une représentation de l'exposition universelle
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Dans le reste du pays, le développement des chemins de fer accélère les échanges économiques. Le réseau ferroviaire passe d’environ 3 000 kilomètres en 1850 à près de 23 000 kilomètres en 1870.
Le développement est financé par l'Etat et des banques, dont la création est encouragée par Napoléon III. Ainsi, les frères Pereire fondent le crédit mobilier en 1852 et avec leur fortune investissent dans le transport maritime, l'industrie ou les bains de mer d'Arcachon. D'autres banques suivent: le crédit lyonnais, la société générale...
En 1860, le traité de libre-échange avec le Royaume-Uni encourage la compétitivité des entreprises françaises et les exportations.
La reine britannique Victoria visite Napoléon III, 1855
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B. L'industrialisation accélérée de la France
L’industrie sidérurgique et textile se développe rapidement, tandis que les banques financent les grands projets industriels. L'indice industriel connait une hausse de 53%, avec le développement de centres industriels comme le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, de Lorraine et surtout le Creusot. Chaque année, la production industrielle augmente en moyenne de 2%.
Au Creusot, la famille des Schneider contrôle la ville et fonde une dynastie industrielle. De même, les grands personnages de l'Empire attirent autour d'eux la spéculation financière. Ce phénomène est décrit dans les oeuvres d'Emile Zola, notamment La Curée ou Son excellence Eugène Rougon.
L’urbanisation progresse également : les villes attirent une population ouvrière croissante, avec un taux d'urbanisation passant de 25.5% à 31% entre 1851 et 1870. Les conditions de travail restent cependant difficiles, avec de longues journées et une inégalité des conditions qui ne s'est pas améliorée.
Napoléon III cherche progressivement à libéraliser le régime. A partir de 1859, une amnistie permet aux exilés de rentrer en France et à compter de 1863, les opposants gagnent des sièges plus nombreux aux élections. En 1869, une opposition organisée s'est formée autour d'Emile Olivier ou de Thiers, et demande à ce que l'Empire devienne libéral et parlementaire.
Les idées socialistes sont populaires au sein des ouvriers, qui représentent 3.5 millions de travailleurs, alors qu'en 1864, Napoléon III a accordé le droit de grève.
La réunion de l'Internationale ouvrière à Londres, où Napoléon III envoie une délégation d'ouvriers en 1864
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C. La diplomatie européenne et mondiale d'une grande puissance
Napoléon III veut redonner à la France un rôle majeur en Europe et dans le monde. Il participe à la guerre de Crimée contre la Russie entre 1853 et 1856, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire ottoman. La victoire permet à la France de se réaffirmer comme une grande puissance.
La victoire française au siège de Sébastopol, 1854-1855
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En Italie, la France soutient le royaume du Piémont-Sardaigne contre l’Autriche. La victoire de Solférino en 1859 permet au Piémont-Sardaigne d'obtenir la Lombardie, en retour, la France obtient Nice et la Savoie, dont l'appartenance à la France est confirmée par un plébiscite.
La victoire de Solférino, 1859. Napoléon III y assiste et la vue du carnage l'encourage à soutenir la fondation de la croix-rouge, par le Suisse Henri Dunand
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A l'échelle mondiale, l'Empire encourage les partenariats économiques avec des monarchies admiratives du modèle français (Brésil, Siam, Egypte). En 1869, l’inauguration du canal de Suez en Egypte après des travaux sous la conduite de Ferdinand de Lesseps rappelle l'influence française en Orient.
1869, ouverture du canal de Suez
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Des expéditions militaires sont aussi menées: le général Faidherbe au Sénégal, conquête de la Cochinchine à partir de 1858, de la Kabylie en 1856 par le maréchal Randon. Le projet napoléonien d'un "royaume arabe" en Algérie qui aurait donné l'autonomie aux populations nord-africaines n'aboutit cependant pas.
En 1861, l'ambition de créer un empire mexicain favorable à la France échoue finalement en 1867, avec le retrait français sous la pression des Etats-Unis. L'empereur Maximilien de Habsbourg est fusillé, une débâcle qui affaiblit le prestige de la France, alors qu'en Europe, un concurrent se fait menaçant.
30 avril 1863, la résistance de la légion étrangère dans l'hacienda de Camerone face aux Mexicains républicains
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🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
Napoléon III modernise Paris avec Haussmann.
Les grands boulevards transforment la capitale.
Le réseau ferroviaire se développe fortement.
L’industrialisation accélère la croissance économique.
Les banques financent les industries.
Les ouvriers vivent souvent dans des conditions difficiles.
Le droit de grève est reconnu en 1864.
La France participe à la guerre de Crimée.
Napoléon III soutient l’unité italienne.
Le canal de Suez est inauguré en 1869.
Chapitre 3. La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie
🪶CITATION A RETENIR:
Massimo D'Azeglio (ministre et patriote italien), "L'Italie est faite, il faut faire les Italiens".
Otto von Bismarck (chancelier allemand), "Ce n'est pas par les discours et les votes à la majorité que les grandes questions de notre temps seront décidées - ça a été la grande erreur de 1848 et 1849 - mais par le fer et le sang", Discours au Parlement prussien de 1862.
A. Faire l'Italie, Faire les Italiens, 1856-1870
Au milieu du XIXe siècle, l’Italie est divisée en plusieurs États. Le royaume du Piémont-Sardaigne, dirigé par Victor-Emmanuel II et son ministre Camillo Cavour, prend la tête du mouvement d’unification: créer un royaume d'Italie aux mains de la maison de Savoie et empêcher par la même occasion que l'unification soit faite par les républicains.
Les États italiens en 1860. En jaune, le Piémont-Sardaigne et les autres États occupés
En bleu, la Savoie et Nice donnés à la France
En rose, la Vénétie appartenant à l'Autriche
En vert, les États du pape
En rouge, le royaume des Bourbons de Sicile
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Camillo Cavour, premier ministre piémontais
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Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne
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Après la victoire de 1859, le Piémont voudrait aller plus loin, cependant, Napoléon III ne veut qu'une unification du Nord et pas de l'ensemble des États italiens.
Malgré tout, le nationaliste italien Giuseppe Garibaldi mène l’expédition des Mille en 1860. Ses volontaires débarquent en Sicile, puis marchent vers le Nord. Ils font chuter la monarchie des Bourbons des Deux-Siciles et font la jonction avec les troupes du Piémont, qui se sont emparées des États indépendants du centre de l'Italie.
Les "chemises rouges" de Garibaldi se battent à Palerme, 1860
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Un extrait du film Le Guépard (Visconti, 1963) où le jeune Tancrède explique à son oncle le Prince de Salinas pourquoi il rejoint Garibaldi
En 1861, le royaume d’Italie est proclamé, son premier roi est Victor-Emmanuel. Cependant, Rome reste sous contrôle du pape. Napoléon III veut rassurer le clergé et les catholiques français, il envoie des volontaires et soldats pour protéger les États du pape. En 1867, une tentative de Garibaldi pour s'emparer de Rome est repoussée à Mentana.
Proclamation du royaume d'Italie, 1861
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A ce moment, la très grande majorité des Italiens ne rejoint pas le sentiment national, il reste à "faire les Italiens" comme l'indique le ministre D'Azeglio. L'italien (le dialecte florentin choisi comme langue nationale) n'est parlé que par une petite minorité, un important brigandage continue dans le Sud et le retard industriel est conséquent.
B. La marche vers l'unité allemande, 1862-1870
Depuis 1849, le nationalisme allemand connait une mutation. Certains nationalistes restent libéraux, mais en Prusse, ce mouvement est repris par des partisans d'une monarchie aristocratique et autoritaire.
Otto von Bismarck représente ce courant, il devient chancelier (chef du gouvernement) du royaume de Prusse en 1862. Par la guerre, il veut créer des ennemis communs à l'ensemble des populations germaniques et encourager l'unification.
Le chancelier Otto von Bismarck
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Le roi de Prusse Friedrich-Wilhelm
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La situation de l'Allemagne en 1862
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La Prusse est alors un Etat avec une armée d'importance, moderne, possédant l'industrie de la Ruhr et peuplé. En 1864, il écrase le Danemark et annexe le Schleswig-Holstein.
Puis en 1866, à la bataille de Sadowa, la Prusse l'emporte contre l'Autriche, et forme la confédération d'Allemagne du Nord. Les petits Etats allemands conservent leurs rois, ducs, princes,etc. mais passent progressivement sous influence prussienne.
La marche réalisée en hommage à la victoire de Sadowa, 1866
Bismarck cherche ensuite à provoquer un conflit avec la France afin d’achever l’unité allemande autour de la Prusse.
C. La guerre franco-prussienne, 1870-1871
En juillet 1870, la France et la Prusse sont en crise. Bismarck souhaitait l'installation d'un roi Hoenzollern (la dynastie prussienne) sur le trône d'Espagne. La France s'y oppose, si ce roi n'est pas installé, malgré tout, Bismarck utilise la traduction d'une dépêche diplomatique pour humilier l'Empire.
En conséquence, la France déclare la guerre, mais l'armée française est moins nombreuse (450 000 hommes contre 900 000) et Bismarck appelle l'ensemble des Etats allemands à rejoindre la Prusse. De même, l'artillerie prussienne est plus efficace et son état-major mieux préparé à une guerre moderne.
Les victoires prussiennes sont couteuses en hommes (Gravelotte, Wissembourg) mais à Sedan le 2 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier alors qu'il commandait l'armée.
Deux jours plus tard, la République est proclamée à Paris et le Second Empire s’effondre.
Les Dernières cartouches, les combats de Bazeilles en septembre 1870
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La bataille de Saint-Privat
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La lutte continue, mais Paris est assiégée, l'armée du maréchal Bazaine est capturée à Metz et l'Est de la France passe sous occupation prussienne.
Le siège de Paris, 1870-1871
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La bataille de Champigny, pendant le siège de Paris
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Le 18 janvier 1871, l’Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le Kaiser (empereur) Wilhelm dirige une monarchie fédérale, où l'armée, la foi protestante et les grands groupes industriels dominent, mais les élections ont aussi lieu et la population prend part à la vie politique.
La proclamation du Reich allemand dans la galerie des glaces de Versailles
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Le Reich en 1871, avec ses différents Etats fédérés, la Prusse est en bleu
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De même, Paris se rend. Le nouveau gouvernement provisoire français entre dans des négociations de paix avec l'Allemagne. En mai 1871, au traité de Francfort, la France doit verser une indemnité de 5 milliards de francs-or, perd l'Alsace et le département de la Moselle.
L'Allemagne remplace la France comme puissance dominante en Europe.
🎬A RETENIR POUR VOS COPIES
L’Italie est divisée avant 1859.
Le Piémont mène l’unification italienne.
Giuseppe Garibaldi conquiert le sud de l’Italie.
Le royaume d’Italie est proclamé en 1861.
Rome devient capitale en 1870.
Otto von Bismarck dirige l’unification allemande.
La Prusse bat l’Autriche en 1866.
La France déclare la guerre à la Prusse en 1870.
Napoléon III est vaincu à Sedan.
L’Empire allemand est proclamé en 1871.
CHRONOLOGIE DES PRINCIPALES DATES DU CHAPITRE
1848 – Printemps des peuples et IIe République
2 décembre 1851 – Coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte
1852 – Proclamation du Second Empire
1859 – Victoire de Solférino
1861 – Proclamation du royaume d’Italie
1864 – Droit de grève en France
1866 – Victoire prussienne contre l’Autriche
1869 – Inauguration du canal de Suez
2 septembre 1870 – Défaite de Sedan
18 janvier 1871 – Proclamation de l’Empire allemand